Les simples de Yannick Grannec. Anne Carrière.💛💛💛💛

Les simples par Grannec

Les simples : Plantes mĂ©dicinales utilisĂ©es telles qu’elles sont fournies par la nature.
A cette dĂ©finition on peut rajouter une caractĂ©ristique des simples. Leurs formes , leurs couleurs ont souvent un rapport avec la maladie et l’organe Ă  soigner.
SĹ“ur ClĂ©mence est la doyenne de l’Abbaye de Notre Dame du Loup dans l’arrière pays niçois . Elle est aussi l’herboriste de l’abbaye.
Nous sommes en 1584.
La mĂ©decine et la chirurgie en sont encore dans les balbutiements. Les soins sont gĂ©nĂ©ralement prodiguĂ©s par les femmes et les religieuses. Elles ont la connaissance des plantes , des remèdes, des mixtures. Cette culture , ce savoir qu’elles divulguent gratuitement. Soigner, guĂ©rir ne peut ĂŞtre un acte mercantile.
Dans ce 16ème siècle gĂ©nĂ©rant dĂ©couvertes et nouvelles connaissances , ce pouvoir des plantes, des bienfaits ne peut rester l’apanage des femmes.
L’abbaye Notre dame du Loup doit son indĂ©pendance Ă  la faveur d’un roi. Et les soeurs bĂ©nĂ©dictines font fructifier leur indĂ©pendance.
Les prĂ©parations de SĹ“ur ClĂ©mence sont prisĂ©es jusqu’Ă  la Cour du Roi et apportent une manne financière non nĂ©gligeable Ă  l’abbaye.
Normalement l’abbaye devrait dĂ©pendre de l’ÉvĂŞchĂ© et lui reversĂ© une grande partie de cette manne.
Le nouvel évêque Jean de Solines compte bien récupérer une grande partie de cette manne.
Il envoie donc deux vicaires Ă  l’abbaye afin de trouver une faille , un dĂ©faut ou de provoquer un scandale.
On sait tous que lorsqu’on lance une pierre dans l’eau , elle fait des ronds et que l’onde de ces ronds s’Ă©tend Ă  l’infini.
C’est exactement ce qu’il va se passer dans l’abbaye.
Dépassé par ses propres turpitudes, Jean de Solines va ouvrir la boîte de Pandore.
Et dans la boĂ®te nous trouvons pèle mĂŞle : pouvoirs – trahisons – diable et sorcellerie.
Le pouvoir et les trahisons sont Ă©galement rĂ©partis entre l’abbaye et l’ÉvĂŞchĂ©.
Avec grande maestria Yannick Grannec nous convie à vivre un an de cette déliquescence.
C’est Ă©crit avec prĂ©cision , humour , causticitĂ©.
C’est Ă©crit avec lĂ©gèretĂ© et poĂ©sie quand il est question de donner la recette d’un remède.
C’est Ă©crit avec duretĂ© et crĂ»ment quand il s’agit d’Ă©voquer la vie des soeurs converses ou encore les maladies, les procĂ©dĂ©s abortifs ou la sorcellerie.
C’est aussi un livre qui nous parle des femmes . Ces femmes qui ont eu un savoir naturel , maternel et que l’homme a dĂ©truit par l’Inquisition.
Ces hommes qui voyaient une part du diable dans les femmes.
D’ailleurs dans un traitĂ© inquisitoire , le Malleus Maleficarum il est dit que femina accouple fe et minus dĂ©montrant que la femme est armĂ©e d’une foi mineure Ă  celle de l’homme.
Et dans ce roman Yannick Grannec ne fait que reprendre constamment la dĂ©finition des simples. Sans doute parce que l’âme humaine est comme les simples : elle se dĂ©sagrège, s’effrite et disparaĂ®t.
Personne , mĂŞme une herboriste ne pourra capter  » l’Ă‚me fugace des simples , le souffle secret qui a placĂ© le CrĂ©ateur  »
Les Simples est un livre addictif et jouissif.

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