Sémaphore en mer d’Iroise de Claire Fourier. Locus Solus. ðŸ’›ðŸ’›ðŸ’›

Sémaphore en mer d'Iroise par Fourier

En 100 chapitres plus ou moins courts Claire Fourier nous emmène sur les Terres du Finistère  et l’écume de la Mer d’Iroise  qui sont son ancrage originel.
Elle est de Ploudal – on ne dit pas Ploudalmézeau – dans le Nord Finistère  à  quelques encablures de la Mer d’Iroise, de l’Aber Benoît,  de Portsall  et surtout du rocher de Saint Samson.
 » le coeur de mon Finistère est un rocher- un éperon pyramidal qui s’avance dans la Mer d’Iroise,  en bordure de la route qui longe la mer sur la Côte des Légendes,  entre Porspoder et Trémazan, dans la commune de Landunvez. Et le coeur du coeur, un nid de pie ; je veux dire : un léger creux dans le granit, au sommet du rocher. »
 » Tout ce que je suis vient du rocher de Saint Samson »
Pour Claire Fourier ce rocher fut un tremplin mental vers la mélancolie :
 » le granit et le duvet d’écume m’ont appris à  aimer chez les êtres  la netteté de l’intellect et la brume du coeur « 
C’est aussi  » un paysage spirituel « .  » Là-haut,  on est très haut ; Dieu ne regarde pas sa création de plus haut »
Sur ce rocher Claire Fourier est devenue une cimmérienne  : femme du rivage, les pieds sur terre, le regard en mer.
C’est en pensant être dans ce nid de pie qu’il faut lire les 100 chapitres du livre.
Le mot chapitre ne convient pas totalement.
Il s’agit plutôt au gré de la plume de Claire Fourier,  de lettres, de moments de poésie,  de contes , de souvenirs, de petites nouvelles.
Bien ancré dans le granit et le regard portant loin, elle nous distille les moments de sa vie entre la Mémé Anna, la sagesse même,  maître du temps, reine des fleurs,de la maison et sa mère  Dolorosa rétive aux émotions.
Cette Mémé Anna, tel le sémaphore en Mer d’Iroise illumine ce livre.
Et puis comme nous sommes ancré dans le Finistère,  à quelques encablures de Brest, le militaire n’est jamais loin. le pompon rouge de Joseph le père nous rappellera que ce Nord Bretagne est marqué par le fait militaire : les côtes bretonnes ne peuvent être dissociées du Mur de l’Atlantique , tout comme une vie de marin, d’une vie de bourlingueur.
Dans une écriture classique et ciselée, Claire Fourier va nous dire cette vie faite de bons moments naturels et de moment de séparation,  des souvenirs de l’enfance sur ces terres de bruyère et d’ajoncs.
…. Et l’écriture va nous entraîner sur des chemins plus difficiles,  plus caillouteux.
A de nombreuses reprises nous serons confrontés au Capitaine Achab, à  Moby Dick, à la baleine blanche.
Nous seront confrontés à  Mallarmé, Rilke, Melville et tout un cortège d’écrivain, de peintres, de musiciens.
La lecture se fait plus ardue.
Cela n’est pas grave.  La lecture des chapitres n’a pas pour obligation d’être linéaire.
Il faudra prendre le temps de se remémorer Moby Dick ou les Préludes de Debussy.
Le temps ?
Le personnage central.
Claire Fourier est obnubilée par le temps.
Peut on le perdre ? Doit on le perdre ?
Ces reflexions sont des moments de lecture jubilatoire.
 » Un temps pour tout et articuler le temps, voilà ce qui est vivre »
 » Il faut perdre son temps que lorsqu’on est sûr d’en gagner »
 » Connais-toi toi- même  ; autrement dit : Connais le temps en toi « 
Et si il est question de temps,  il est question de vie, de mort,
Cette mort qui est au centre de la vie des Celtes.
Enfin ce livre est un hymne à l’écriture, aux moments d’écriture
 » La vie m’est dérive
Écrire en fait une rive
Penchée sur hier « 
 » le rideau est comme l’écriture  : le voile qui dévoile,  l’art du tamis »
Cet ouvrage à l’art du tamis. Les divers haïkus qui jalonnent le livre le confirme.
Les chapitres méritent d’être lus et relus.
Ce n’est pas toujours facile. Cela peut être ingrat parfois.
Mais la Terre du Finistère et la Mer d’Iroise sont elles faciles ?
Le granit est rugueux et la Mer d’Iroise est rarement calme.
Alors laissons le Sémaphore de la Mer d’Iroise nous illuminer de ces clairs-obscurs

Claire Fourier — Wikipédia
Claire Fourier est née le 15 juin 1944 à Ploudalmézeau, dans le département du Finistère en France1.
Elle fait des études secondaires à Brest puis supérieures à Rennes où elle obtient une maîtrise d’histoire1. Plus tard, elle est diplômée de l’École nationale supérieure de bibliothécaires située Villeurbanne près de Lyon2. Elle est professeure de lettres et bibliothécaire mais les mutations de son mari ne lui permettent pas d’exercer elle-même une activité stable. Elle se consacre alors à l’écriture3 et publie ses premiers récits en 19961.
Elle a emprunté son nom de plume à Charles Fourier pour l’amour de l’utopiste, de sa fantaisie et de sa théorie de l' »attraction passionnée »4.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s