Comédies françaises d’Eric Reinhardt. Gallimard. 💛💛💛💛

Comédies françaises par Reinhardt

Le dernier roman d’Éric  Reinhardt, Comédies françaises, est un roman multiforme avec une ligne directrice et quelques digressions.
Depuis 2013 et une rencontre avec Louis Pouzin,  Eric Reinhardt à été marqué  par l’abandon, par la France dans les années 1970 d’un projet de création d’Internet.
Qui est Louis Pouzin ? Il s’agit d’un chercheur français qui découvrit le datagramme qui est à la base d’Internet. En 1974 le président Valéry Giscard d’Estaing  renonça à se projet au profit du  Transpac qui est à  la base du Minitel. Cet abandon avait une raison : le lobbyisme. Et plus particulièrement celui d’Ambroise Roux, président de l’imposante CGE, leader entr’autre dans la productions de commutateurs téléphoniques.
Le roman d’Éric Reinhardt va donc nous entraîner dans les arcanes de la politique industrielle française des années 1970, ainsi que dans le lobbyisme invétéré d’Ambroise Roux.
Pour nous faire découvrir ces arcanes, Eric Reinhardt nous adjoint un narrateur : Dimitri jeune homme de 27 ans.
Dès la première page du roman nous attends un avis de décès, celui de Dimitri.
Dès la deuxième nous connaissons les raisons du décès.  Un banal accident de la route qu’un article de journal nous détaille.
Cela posé , le roman d’Éric Reinhardt se lit avec plaisir et délectation.
A l’enquête concernant les raisons de l’abandon du datagramme et des joies du lobbyisme se superpose la découverte de la vie de Dimitri, jeune homme bisexuel, recherchant toute aventure possible ,bien dans son époque, ayant lui même fait du lobbying avant de devenir reporter à l’AFP. Il est évidemment tentant d’en faire un double d’Eric Reinhardt.( à tort ? )
Et la vie de Dimitri est une double enquête ; d’un coté l’enquête sur le pourquoi de l’abandon du datagramme, de l’autre côté,  qu’elle est cette jeune femme entrevue à  Madrid, puis deux fois à Paris.
Ces deux enquêtes  permettent de passer allègrement des années 70 aux années 2015.
Le spectre politique et social est très large et nous montre combien la société a changé .
Eric Reinhardt se permet quelques digressions pour nous entretenir de Max Ernst ou encore de Pollock. Cela ne nuit pas.
Quand aux pages sur Ambroise Roux, elles sont autant mordantes que sont iconoclastes les courriers envoyés au fils d’Ambroise Roux et à Valéry Giscard d’Estaing.
Ce roman a un côté jubilatoire, un côté pot de terre contre pot de fer.
Dimitri par sa singularité,  son ton décalé nous entraîne avec lui dans ses enquêtes et dans  sa vie un peu dissolue mais diablement enlevée,  poétique et théâtrale.
Enfin comment ignorer Louis Pouzin, ce chercheur que l’on a laissé au bord du chemin.
Il a gardé douceur, empathie et bienveillance.
Et les mots d’Éric Reinhardt sont magnifiques
 » Ses rides témoignaient  de la fréquence  de ses sourires, les plus marquées chez lui n’étant pas celles de l’inquiétude,  du doute ou de l’angoisse, mais de la joie, de la vitesse : ces rides là étaient de  celles qui soulignant ce qui est vif chez une personne en exacerbent la beauté  plutôt qu’elle ne la flétrissent. »
Comédies Françaises porte bien le nom d’une certaine France , que ce soit en 1970 ou dans les années 2020.

Eric Reinhardt : son ode à la beauté, à l'art, et à l'amour
Éric Reinhardt a vécu à Nancy jusqu’à sa sixième année, à Marseille de 1970 à 1972, à Clichy-sous-Bois1, quartier du Chêne Pointu, de 1972 à 1977, puis à Mennecy, dans l’Essonne2, dans un lotissement Levitt[Quoi ?] que l’on retrouvera dans plusieurs de ses romans, de 1977 à 1983, date à laquelle il obtient son bac C au lycée de Corbeil-Essonnes et s’installe à Paris, rue de Sèvres, dans une chambre de bonne, évoquée elle aussi dans plusieurs de ses livres. Admis dans une classe préparatoire à HEC au lycée Jacques Decour, dans le neuvième arrondissement de Paris, il intègre deux ans plus tard une école de commerce, l’Institut supérieur de gestion3, avec le projet de travailler dans l’édition. Il fait ses armes aux éditions Le Castor astral puis travaille chez Albin Michel et aux Éditions Flohic, où il s’initie à la conception de livres d’art. Il occupe, auprès d’Éric Hazan, le poste de directeur éditorial des éditions Hazan de 1994 à 1999. Il est, depuis, éditeur de livres d’art et directeur artistique indépendant.

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