Des diables et des saints de Jean Baptiste Andréa. L’Iconoclaste. 💛💛💛💛💛

Des diables et des saints par Andrea

Cent millions d’années et un jour m’avait transporté par sa magie, sa poésie, à la recherche du temps perdu et des rêves de notre enfance.
Ma reine m’avait emporté par sa tendresse, l’imaginaire et toujours sa poésie.
Des diables et des saints m’a emmené dans les mêmes contrées mais surtout dans celles du temps perdu, de l’enfance et de nos rêves .
De nos jours un homme joue du piano dans les lieux publics.
Il ne joue que du Beethoven.
Il ne joue que dans les gares et les aéroports.
Depuis 50 ans il attend quelqu’un qui descendra d’un train, d’un avion. Il ne sait quand.
Il s’appelle Joe et sa vie a basculé le 2 Mai 1969.
C’est une longue histoire qui a commencé il y a 50 ans dans un orphelinat austère au fond d’une vallée des Pyrénées : Les Confins.
Confins :Partie d’un territoire situées à son extrême limite et à la frontière d’un autre.
Le confins n’est pas seulement géographique. Il est aussi celui du bien et du mal, des diables et des saints et de l’enfance.
L’enfance, fondation de notre vie. L’enfance dans un orphelinat pensionnat catholique au service de Dieu. Tous sauf un paradis. Un enfer.
L’enfance avec la découverte de l’autre, les amitiés, la confrontation avec les adultes, la découverte du sexe opposé.
C’est au fond de cette vallée, aux Confins, que le destin de Joe va s’inscrire.
Le sujet n’est pas nouveau. Il a était souvent traité.
Mais Jean Baptiste Andrea le traite magnifiquement avec pudeur, émotion et justesse.
Des moments suspendus pouvant être durs mais aussi lumineux comme la naissance d’une amitié , d’une société secrète La Vigie. Et que dire des moments suspendus auprès des premiers émois amoureux, ou le long d’un clavier tempéré jouant la sonate N°24 de Beethoven.
L’insouciance de l’enfance, l’enfance maltraitée, la recherche du temps perdu, la recherche d’un amour, tout est initiatique et Jean Baptiste Andrea nous entraîne sur ce chemin aux confins de notre vie .
Quelle limite et quelle frontière à été notre enfance ?
Quelle fidélité gardons nous a nos années initiatiques ?

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En Mars 2021, est sorti le nouvel album de Feu Chatterton. Dans celui–ci une chanson intitulée  » Aux Confins « 
Elle répond en écho au roman de Jean Baptiste Andrea.


Aux confins des contraires
À la frontière où tout est lié
Dans le pré où soucis et pensées cohabitent
Aux confins des contraires
Quand la matière se met à trembler
Dans le pré où soupirs et pensées ressuscitent
La peine, la joie, la douleur et l’ennui
On s’est fardés au milieu de la nuit
T’en souviens-tu?
T’en souviens-tu?
On s’est grimés ensemble
Tu m’as dit
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse
Aux confins des contraires
Dans la clairière où tout est criblé
Retrouvons la pièce esseulée du puzzle
Aux confins des contraires
À la lisière où l’on s’est plié
Dans le pré où soupirs et pensées coagulent
La peine, la joie, la douleur et l’ennui
On s’est fardés au milieu de la nuit
T’en souviens-tu?
T’en souviens-tu?
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse
Adieu, je m’en vais
Je pars, je défais la laisse
Que mon âme soit lavée ce soir
Qu’au matin je renaisse.


J’avais 14 ans en 1969 et comme Joe j’ai vécu pendant trois ans dans un pensionnat. Pas pour les mêmes raisons et pas dans les mêmes conditions
Mon père professeur est devenu directeur académique d’un pensionnat catholique, tenu par des religieux. Il y avait besoin d’une personne ayant à minima une maîtrise afin de représenter le pensionnat auprès du rectorat. C’était mon père.
Il a été confronté aux mêmes dérives qu’à l’orphelinat des Confins.
Le directeur religieux faisait régner la terreur. Lors des récréations il circulait dans la cour du pensionnat avec 2 bergers Allemands. Un mur de chaque classe était fait d’une vitre sans tain afin d’espionner professeur et élèves.
Il y avait un professeur vietnamien obsédé par ce qu’il avait vu de la guerre dans son pays.
Le soir il venait chez nous et supplié mon père afin de dormir sous un lit pour se protéger des bombes.
Au vu de ce qui se passait, les pensionnaires entamèrent une grève de la faim. Mon père l’a soutenu et en averti le diocèse afin de mettre à l’écart la direction religieuse. Cela fut effectif et pendant 3 ans ce pensionnat fut dirigé par mon père et des laïcs,
Il ferma ses portes trois ans après par manque d’élèves
J’y ai vécu trois années majuscules de mon adolescence, entre amitiés, sociétés secrètes, activités sportives.
Mes copains venaient de la France entière. Ils n’étaient pas orphelins, mais ils étaient pensionnaires pour l’année scolaire. Ils arrivaient en Septembre. Ils repartaient aux grandes vacances.
Il me reste la nostalgie de ce qui a construit ma vie

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