Mur Méditerranée de Louis Philippe Dalembert SAbine Weispieser Editeur . 💛💛💛💛💛

Mur Méditerranée par Dalembert

Quand la réalité télescope la lecture d’un roman.
Alors que j’étais dans la lecture de Mur Méditerranée de Louis Philippe Dalembert , une embarcation de migrants sombrée dans la Mer du Nord au large de Calais. Une trentaine de morts.
Mais peut on dire que Mur Méditerranée est un roman ?
C’est une longue psalmodie sur la route des migrants qui tentent d’arriver en Europe via Lampedusa.
Louis Philippe Dalembert s’est emparé d’un naufrage qui a eu lieu au large de Lampedusa en 2014. 700 migrants sur un chalutier. 500 rescapés récupérés par un pétrolier danois et déposés au port de Messine en Sicile.
Mur Méditerranée raconte l’histoire de trois femmes. Trois vies. Trois parcours.
Chochana est nigériane. Elle est de famille juive. Elle est jeune. Elle veut quitter le Nigéria. Pas d’avenir. La présence de Boko Haram. Sa judéité pourrait lui donner envie d’un retour en Israël. Ce sera non. Elle est attirée par l’Europe. Elle partira avec Rachel , direction Sabratha en Lybie.
Semhar est Erythréenne. Chrétienne orthodoxe. Son pays est en proie à la dictature et aux bons vouloirs des militaires. Hommes et femmes sont obligés à un service militaire sans date de fin . Aux bons vouloirs de la dictature. le départ s’impose. Direction Sabratha et la Lybie.
Dima est syrienne. Elle est mariée avec Hakim . Ils ont deux filles. Ils sont issus de la bourgeoisie Syrienne, vivaient à Alep, qu’ils ont du quitter pour rejoindre Damas lors de l’avancée de Daesh et de la guerre civile. Ne trouvant pas d’avenir à Damas ils se résolvent au départ pour retrouver de la famille en Grande Bretagne. Direction Sabratha en Lybie.
Chochana et Semhar se retrouverons à Sabratha dans l’attente d’un départ pour l’Europe
Elles rencontrerons Dima sur le chalutier.
Louis Philippe Dalembert nous livre un roman poignant , au creuset de l’humanité , de la cruauté et de l’indicible..
D’abord la route de l’exil , un long chemin d’humiliation orchestré par les passeurs. Humiliation physique , sexuelle. Violence exacerbée , recherche des dollars salvateurs afin d’avancer vers cette mer Méditerranée.
Et puis l’attente en Lybie jusqu’à un an .Accepter toutes les humiliations afin qu’un jour un passeur vous dise  » C’est bon .Vous partez « 
Embarquement sur un zodiac. Accrochés aux uns aux autres. S’accrocher à un bras , une fesse, ne pas tomber.
Et puis la cale du chalutier . les uns sur les autres . l’obscurité, le mal de mer , les vagues qui tapent.
Dans la cale , l’humanité souffrante. Sur le pont ceux qui ont payé plus cher ou qui socialement se situe mieux.
Et que pensez vous qu’il advienne ? L’homme reste un homme. Pourquoi la cale et pas le pont ? pourquoi accepter que ceux qui sont dans la cale puissent voir la lumière et respirer un air un peu pur ?
L’humanité est glaçante.
Nous en prenons notre part .Mur Méditerranée. Comment dressé ce mur devant ces migrants dont les souffrances acceptées sont pourtant moins importantes que le besoin de quitter un pays .
Louis Philippe Dalembert a le don d’ausculter notre humanité et nos peurs et faiblesses.
Que ce soit dans Milwaukee Blues ou Mur Méditerranée , il met notre regard et notre coeur au sein de cette humanité
Cela n’est pas s’en rappeler le magnifique roman de Laurent Gaudé : Eldorado
Toujours les migrants , Lampedusa et la prise de conscience du capitaine d’un bateau qui transporte les migrants
Des livres brûlants mais diablement nécessaires

Fils d’une institutrice et d’un directeur d’école, Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince le 8 décembre 1962. Le décès de son père, quelques mois après sa naissance, a des conséquences dramatiques sur la situation matérielle de la famille. Les premières années de son enfance, il grandit ainsi au Bel-Air, un quartier populaire de la capitale, dans un univers entouré de femmes : les cousines de sa mère, qui s’absente la semaine pour enseigner en province, sa sœur aînée, ses grand-tantes et sa grand-mère maternelle. Cette dernière mène son petit monde à la baguette, dans un Port-au-Prince que dirige d’une poigne de fer François Duvalier. À l’âge de six ans, il connaît la première grande séparation de sa vie : la famille laisse le quartier pour s’installer ailleurs. Il en tirera plus tard un roman intitulé Le crayon du bon Dieu n’a pas de gomme, trace d’une enfance très religieuse placée sous le signe du sabbat.
De formation littéraire et journalistique, Dalembert travaille comme journaliste d’abord dans son pays natal avant de partir en 1986 en France poursuivre des études qu’il achève à l’université Paris 3 – Sorbonne-Nouvelle par un doctorat en littérature comparée sur l’écrivain cubain Alejo Carpentier, et un diplôme de journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris.
Louis-Philippe Dalembert a enseigné dans plusieurs universités aux États-Unis et en Europe : Université Wisconsin-Milwaukee, Scripps College (USA), Freie Universität (Berlin, Allemagne), Bern Universität (Suisse) et Sciences Po Paris, en tant que titulaire de la Chaire d’écrivain en résidence (2021).
Depuis son premier départ d’Haïti, ce polyglotte a vécu tour à tour à NancyParisRomeJérusalemBerlinMilwaukee, etc. Les traces de ce vagabondage sont visibles dans son œuvre qui met souvent en dialogue deux, voire plusieurs lieux, et parfois aussi deux temps. Dalembert vit aujourd’hui entre Paris, Port-au-Prince, l’Italie et ailleurs.

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