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En attendant la montée des eaux de Maryse Condé. JC Lattès. 💛💛💛💛

En attendant la montée des eaux par Condé

En attendant la montée des eaux est ma première incursion dans l’univers de Maryse Condé.
On peut dire que l’atmosphère de son roman est au diapason du pays central de son livre : Haiti. Violence , Misère , Catastrophes naturelles , envoutement et humanité.
Maryse Condé a écrit un roman foisonnant , touffu , nous emmenant des Antilles , au Mali, au Moyen Orient et en Haiti.
Babakar est un médecin d’origine malienne qui vit en Guadeloupe
Movar est haïtien. Celui ci amène à Babakar une jeune femme ,Reinette ( réfugiée haïtienne ) qui est sur le point d’accoucher. Reinette donne naissance à Anais. Malheureusement Reinette décède à la suite de cet accouchement.
Anaïs et Babakar vont s’attacher l’un à l’autre, au point que Babacar va s’envoler pour Haiti à la recherche de la famille d’Anaïs.
De ce point de départ Maryse Condé va faire un roman envoutant traversé par la vie de trois hommes ( Babakar – Movar – Fouad) et de trois femmes ( Thecla – Alezia – Estrella ).
Peu à peu chacun de ces personnages va nous relater les étapes de sa vie.
Maryse Condé a eu l’excellente idée de ramasser ces étapes dans des chapitres uniques pour chaque personne et de les dénommer récits.
Des récits, des histoires comme peuvent en raconter des griots. Dans ces récits se télescopent la réalité mais aussi la légende , le spirituel, le subtil.
Et le lecteur de voyager entre animisme, vaudou contes et légendes de l’Afrique à Haiti.
Ce roman est aussi et surtout un roman d’humanité. Une humanité déracinée, ballotée entre des régimes politiques , des misères physiques et morales. Comment s’affranchir de sa condition mais aussi de son passé.
En attendant la montée des eaux…. Tout un symbole.

En attendant la montée des eaux

Maryse Condé EAN : 9782709633215
364 pages
J.-C. LATTÈS (25/08/2010)

Maryse Condé, écrire et ne rien céder
Maryse Condé, née Marise Boucolon le 11 février 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), est une journalisteprofesseure de littérature et écrivaine d’expression française, « guadeloupéenne indépendantiste » ainsi qu’elle l’a toujours revendiqué1,2,3.
Elle est l’auteure d’une œuvre conséquente de renommée mondiale. Elle est surtout connue pour Ségou (1984-1985), roman historique en deux tomes qui, à travers le destin de trois frères, retrace la chute du royaume bambara de Ségou et dont la parution intervient dans le contexte de l’« effet Racines »4, le célèbre roman d’Alex Haley adapté pour la télévision quelques années plus tôt.
Elle est également connue pour son roman Moi, Tituba sorcière…, un récit d’esclave dont la version anglaise est accompagnée d’une préface d’Angela Davis5. En Guadeloupe et en Martinique, on l’associe essentiellement aux œuvres Traversée de la mangrove et La Vie sans fards, roman autobiographique6. Elle a d’abord été dramaturge avant d’être reconnue comme romancière. Elle a aussi écrit des romans pour adolescents, notamment dans la revue Je bouquine.
Elle a travaillé comme journaliste culturelle à la British Broadcasting Corporation (BBC) et à Radio France internationale (RFI).
Fondatrice du Centre des études françaises et francophones au sein de l’université Columbia aux États-Unis, elle contribue ainsi à faire connaître la littérature francophone dans ce pays.
Professeure émérite, elle vit à présent à Gordes (Vaucluse), où, avec une assistance médicale et le soutien de son mari, elle reçoit sa famille et des membres de son entourage et continue de se « questionner », d’écrire7.

Sans jamais atteindre les sommets de Paolo Cognetti. Stock la cosmopolite. 💛💛💛💛💛

Sans jamais atteindre le sommet par Cognetti

Autant prévenir d’emblée . Cette chronique ne sera pas obligatoirement très objective car elle me renvoie a un vécu lors de différents treks au Népal.
Pour reprendre les choses dans l’ordre.
J’ai découvert Paolo Cognetti par la lecture de la félicité du loup. Cette lecture m’a amené vers Les huit montagnes.
Dans ces deux romans Paolo Cognetti faisait toujours référence au Népal à travers un porteur travaillant dans un refuge du Mont Rose , ou encore de son personnage Pietro parti travailler au Népal.
La douce petite musique du Népal se faisait entendre. Rester à s’embarquer pour Sans jamais atteindre les sommets.
Sans jamais atteindre les sommets est le récit de voyage de Paolo Cognetti au Dolpo dans l’Ouest du Népal.
Région isolée aux confins du Tibet. Paolo Cognetti y a passé un mois, parcouru plus de 300klms et franchis plusieurs cols à plus de 5 000 m sans atteindre aucun sommet.
Il faisait parti d’une caravane de marcheurs et de porteurs en autonomie totale.
Le livre relate cette expérience. Un livre de marche , de montagne. Comme il en existe un certain nombre.
Mais la marque Cognetti, c’est quelque chose ! Comme une poésie , une légèreté et un regard empathique sur les gens. Une montagne humaine.
Et Paolo Cognetti reprend les mots de Peter Matthiessen dans le léopard des neiges :
« Le secret des montagnes est qu’elles existent, simplement, comme je le fais moi même: les montagnes existent simplement ce que je ne fais pas. Les montagnes n’ont pas de signification, elles signifient: elles sont. Je résonne de vie, les montagnes résonnent et quand je puis l’entendre, nous partageons cette résonnance « 
J’ai retrouvé dans ce récit l’âme tibétaine , l’impermanence des choses , le profond sourire des népalais et tibétains.
Je me suis revu sur les chemins des Annapurna et du Haut Langtang . j’ai revu ces pierres de mani , les chortens , j’ai réentendu les Om mani padme hum.
Paolo Cognetti a vu l’arbre où finit le Dolpo et où petit à petit on revient dans un monde.
En quittant les Annapurna ou le Haut Langtang je n’ai pas vu d’arbre magique mais j’ai ressenti au profond de moi l’arrachement à ces terres montagneuses, spirituelles, terriblement humaines.
Le Népal reste ancré pour toujours.
Je vous l’avais dit, je ne serais pas obligatoirement objectif….

Paolo Cognetti, disciple de la montagne
Paolo Cognetti suit des études universitaires en mathématiques, qu’il abandonne très vite pour des études de cinéma, afin dit-il, « d’apprendre à raconter des histoires ». En 1999, il sort diplômé de la Civica Scuola di Cinema « Luchino Visconti », école de cinéma de Milan et fonde, avec Giorgio Carella, une société de production indépendante (CameraCar).
Il débute l’écriture en 2004 en participant à un recueil de nouvelles rassemblant les nouvelles plumes italiennes, un véritable « manifeste générationnel » proposé par les éditions minimumfax sous le titre La qualità dell’aria. Dans les années suivantes, il publie deux recueils de nouvelles Manuale per ragazze di successo (2004) et Una cosa piccola che sta per esplodere (2007), ainsi que le « roman à nouvelles », forme hybride entre le roman et le recueil, intitulé Sofia si veste sempre di nero (2012).
Le 8 novembre 2016 paraît Les Huit Montagnes (Le otto montagne), qui reçoit le prix Strega puis est traduit dans une trentaine de pays1 et dont la traduction française obtient le prix Médicis étranger en 20172.
Désireux de faire vivre la montagne en dehors des pistes de ski, il monte, en été 2017, avec son association Gli urogalli un festival consacré à la littérature, aux arts et aux nouveaux et nouvelles montagnardes baptisés Il richiamo della foresta (L’Appel de la forêt) en hommage à Jack London.
ancien bon stupa à dolpo, népal 910595 Banque de photos
Le Dolpo

L’assassin de la Rue Voltaire de Henri Loevenbruck. Editions XO. 💛💛💛💛

L'assassin de la rue Voltaire par Loevenbruck

L’assassin de la rue Voltaire est la troisième aventure et enquête de Gabriel Joly ayant pour cadre la Révolution Française.
Après le loup des Cordeliersle Mystère de la main rouge, voici venu le temps de l’assassin de la rue Voltaire. Bien qu’il existe une continuité entre chaque enquête, celles ci peuvent être lues indépendamment.
Nous sommes donc aux prémices de la Révolution Française.
La première enquête le loup des Cordeliers s’est déroulé autour du 14 Juillet de la prise de la Bastille
La deuxième enquête, le Mystère de la main rouge a couru de Paris en Corse sur la fin du mois de Juillet 1789.
La troisième enquête , l’assassin de la rue Voltaire se situe à Paris , en Août. Pendant la nuit du 4 Août les privilèges ont été abolis et dorénavant , l’assemblée travaille sur la Constitution des Droits de l’homme.
Gabriel Joly , notre héros , est monté à Paris en Mai 1789, espérant devenir un grand journaliste. Employé par son oncle au Journal de Paris , il s’y ennuie et s’intéresse plus aux faits divers. Cet intérêt le mettra sur la trace du Loup des Cordeliers et lui conférera l’amitié de Camille Desmoulins et Danton.


De retour à Paris après avoir résolu les énigmes du Loup des Cordeliers et de la main rouge , Gabriel Joly est au prise avec une nouvelle énigme.
Des meurtres ont lieu dans l’enceinte de la Comédie française , haut lieu de la culture et de la royauté. Gabriel Joly parviendra-t-il à résoudre cette enquête dans les temps impartis , la cour royale ne souhaitant pas que piteux spectacle s’éternise.
Comme à son habitude , Henri Loevenbruck s’appuie sur une documentation historique importante pour intégrer son récit dans la réalité de l’Histoire.
Le découpage en cours chapitres, fait que l’intérêt et la tension ne baissent pas ; bien au contraire.
Dans cette enquête, l’avancée de la Révolution est moins présente mais reste toujours présente en arrière plan.
Tout le premier plan est à l’honneur de la Comédie Française; qu’il s’agisse de ses comédiens ,de son architecture ou de ses loges, balcons, caves et théâtre.
Laissez vous emporter dans les sous pentes du théâtre. Laissez vous surprendre par les costumes, perruques et parfums. Un assassin rôde autour de vous !
L’assassin de la rue Voltaire mérite bien quelques de lecture.
Henri Loevenbruck enquête après enquête conserve le souffle des aventures à la Dumas.
En attendant l’enquête suivante….

Henri Loevenbruck - Babelio
Henri Lœvenbruck, né le 21 mars 1972 à Paris, est un écrivainchanteur et compositeur français.
Auteur de thrillers, de romans d’aventure et de fantasy, il est traduit dans plus de quinze langues. Auteur-compositeur-interprète, il écrit des chansons pour lui-même et pour d’autres artistes français.

Après une jeunesse partagée entre le 11e arrondissement de Paris et l’Angleterre, Henri Lœvenbruck fait une khâgne au lycée Chaptal à Paris, une maîtrise d’anglais à la Sorbonne, puis se lance dans le journalisme1 et la musique. Il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine. Sa trilogie de La Moïra (publiée entre 2001 et 2003) se vend à 300 000 exemplaires toutes éditions confondues et est traduite en douze langues2. Il se lance ensuite dans le thriller avec les éditions Flammarion où il rencontre à nouveau le succès3, notamment avec la série d’Ari Mackenzie, vilain petit canard des Renseignements généraux, dans laquelle il dénonce notamment les dérives de grandes ONG en Afrique4.

Dans les années 1990, Henri Lœvenbruck chantait et jouait de l’orgue Hammond dans divers groupes de rock parisiens. Début 2008, après avoir écrit des chansons pour d’autres artistes (comme Kelks), il décide de remonter sur scène pour présenter une douzaine de chansons « à texte ». En 2009, il participe, en tant que traducteur5 et choriste, à l’album Molly Malone – Balade irlandaise6 de son ami Renaud7. En 2009, il a enregistré un mini LP8, en collaboration avec Vincent-Marie Bouvot. De 2013 à 2015, il rejoint le groupe de rock Freelers9, qui fait de nombreux concerts dans des festivals en France, et au sein duquel il joue du clavier et de l’orgue Hammond.

Il est membre du collectif d’artisteLa Ligue de l’Imaginaire.

En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres10.

Mes belles lectures 2021.

L’année 2021 s’effiloche doucement . Elle fut une belle année de découvertes littéraires , d’évasion .

Quelques livres ont marqué différemment mon année de lecture.

Milwaukee Blues de Louis Philippe Dalembert ( Sabine Wespieser ). Un roman traitant la ségrégation raciale en reprenant un fait réel : L’assassinat de George Floyd par un policier aux Etats Unis. La vie du personnage principal, Emmet, étant raconté par les personnes qui l’ont croisé durant sa vie. Livre coup de poing et réaliste sur le niveau social etasunien.

Migrations de Charlotte Mc Connaghy. ( JC Lattès. ) Voici un premier roman de grande tenue. Lègère dystopie de quelques années. La sixième extinction de masse est en cours. Que sont réellement les migrations ? Livre poignant sur l’état de la Terre et des relations entre humains.

Le Petit Astronaute de Jean Paul Eid. ( Pastèque ). Un roman graphique de beau , grâce et émotions. Comment vivre avec un enfant atteint de paralysie cérébrale ? quelle place pour les parents, les frères et soeurs. Totalement bouleversant.

Poussière dans le vent de Léonardo Padura .( Métaillié ). Magnifique roman choral sur Cuba des années 1970 à 2015. Roman doublé d’un côté thriller tenu jusqu’aux dernières pages. Personnages fouillés et totalement attachants.

Des diables et des saints de Jean Baptiste Andréa. ( L’iconoclaste ). Un roman de l’enfance, de la violence . Un roman de l’émancipation. jusqu’aux confins sombres où lumineux….

La géante de Laurence Vilaine. ( Zulma ) Laissez vous emporter dans les montagnes avec Rimbaud le chercheur de pépites. ce court roman est une pépite entre montagnes et nature. La géante veille.

Sidérations de Richard Powers. ( Acte Sud ). Grâce à sa formation scientifique, son engagement écologique Richard Powers nous livre un roman où l’émotion et l’intelligence lient des liens vertigineux dans notre monde chaotique. Entre science fiction et réchauffement climatique un petit garçon de 9 ans , Robin , met sans dessous -dessus nos émotions.

Les Huit montagnes de Paolo Cognetti. Stock. 💛💛💛💛

Les Huit Montagnes par Cognetti

Ou comment une couverture de roman vous fait découvrir un écrivain , une atmosphère et la montagne.
Tout a été déclenché par la couverture de la félicité du loup. Cette couverture bleue et blanche avec une tête de loup stylisée fût un coup de coeur et la lecture du roman a confirmé cela au centuple. ( voir chronique ).
Cette rencontre avec l’univers de Paolo Cognetti se devait d’avoir une suite.
En espérant qu’elle fût aussi savoureuse et lumineuse que celle de la félicité du loup.
Je me précipitais donc sur le premier roman de Paolo Cognetti : Les huit montagnes….
et le sortilège fonctionna à nouveau.
Une histoire paraissant simple , dénuée d’artifice et portant en elle l’universalité.
nous sommes dans les années 1980 au nord de l’Italie ente Milan et Val d’Aoste.
Pietro, enfant de la ville a 11 ans. Bruno, enfant de la montagne à le même âge.
Lors d’un séjour des parents de Piero dans la vallée de Grana , celui ci rencontre Bruno. Une amitié adolescente naitra entre montagne, vie pastorale et grand air.
Une amitié mais aussi une filiation entre Pietro et son père. Celui-ci , solitaire mais heureux d’entrainer son fils en refuge à la découverte de la lumière des glaciers et de la beauté des forêts de mélèzes.
La vie éloignera Pietro et Bruno pendant 20 ans. Et puis ces montagnes autour du Mont Rose ,les réuniront à nouveau
L’enfance s’est enfuie tout comme sa légèreté . le monde adulte a rattrapé Pietro et Bruno :La rudesse de la vie paysanne à la montagne , la fidélité à ses espoirs de jeunesse.
Paolo Cognetti , nous raconte cette réalité aussi simple que rude comme peut être une journée d’hiver en montagne.
peut on resté fidèle à ses rêves de jeunesse. Si oui , jusqu’où Pietro et surtout Bruno sont ils prêts à aller. Une amitié de jeunesse peut elle survivre dans le monde adulte ?
Faut il courir les huit montagnes ou seulement un sommet ( le Sumeru ) comme le sous entend un sage népalais ? Une belle réflexion à approfondir dans le récit de Paolo Cognetti : Sans jamais atteindre les sommets.
Une prochaine lecture dans les vallées du Népal et du Dolpo.
Quand une couverture de livre vous accroche….


Paolo Cognetti : « Il y a là-haut la quête d’une relation plus vraie »

Alma de JMG Le Clézio . Folio. 💛💛💛

Alma par Le Clézio

Première approche de la littérature de JMG le Clézio avec Alma.
Le mot approche me parait le plus judicieux car il me fait penser aux approches lors des randonnées en montagne. D’abord une longue marche en fond de vallée avant d’attaquer un col et enfin l’arrivée au sommet.
Il en fut de même pour le livre de JMG le Clézio.
Une longue marche pour apprendre à découvrir Maurice , son histoire, ses paysages, ses hommes et ses femmes.
L’attaque du col plus délicate avec des allers retours entre différentes époques et divers lieux.
Enfin l’arrivée au sommet qui permet d’embrasser l’ensemble du paysage et de comprendre la diversité de l’histoire.
Voila ce que j’ai ressenti à la fin de la lecture d’Alma.
J’ai ressenti cette identité mauricienne , teinté des Pays Bas, d’Empire Britannique ou encore de France.
Une entité qui disparait comme a disparu le Dodo.
Dodo , l’animal ou Dodo le clochard, le hobo magnifique ?
Que reste t il d’Alma, des plantations , de la luxuriance de Maurice , de la vie créole ?
Il reste un peu de ce créole dans les textes de Dodo , ce clochard mis de côté mais qui perpétue l’âme mauricienne.
Roman de l’illusion alors que les temps modernes égrènent inlassablement leurs heures commerciales et mondialistes..

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Après l'affaire Matzneff, J.M.G Le Clézio quitte le Renaudot | Le HuffPost

Jean-Marie Gustave Le Clézio, plus connu sous la signature de J.M.G. Le Clézio1, né le 13 avril 1940 à Nice, est un écrivain de langue française, comme il se définit lui-même2,3. De nationalités française et britannique, il est fortement imprégné par la culture mauricienne et bretonne de sa famille.

Il connaît très vite le succès avec son premier roman publié, Le Procès-verbal (1963). Jusqu’au milieu des années 1970, son œuvre littéraire porte la marque des recherches formelles du Nouveau Roman4. Par la suite, influencé par ses origines familiales, par ses incessants voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes, Le Clézio publie des romans qui font une large part à l’onirisme et au mythe (Désert et Le Chercheur d’or), ainsi que des livres à dominante plus personnelle5, autobiographique ou familiale (L’Africain). Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages de fiction (romans, contes, nouvelles) et d’essais. Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 2008, en tant qu’« écrivain de nouveaux départs6, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante7 ». Son œuvre est traduite en 36 langues8.

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Ubasute d’Isabel Gutierrez. La fosse aux ours. 💛💛💛

Ubasute par Gutierrez

Voici un premier roman très original. Cet opuscule de 120 pages tire son nom Ubasute, d’une tradition ancestrale japonaise qui voulait que l’on abandonne en montagne une personne âgée et malade..
Isabel Gutierrez va mettre en situation Marie , la maman malade et son fils Pierre.
Marie a conscience que sa dernière heure approche.
Elle demande à son fils Pierre de la porter auprès d’une roche et d’une grotte et de l’abandonner. Littéralement la porter dans une chaise sanglée sur le dos.
Ce sera pour Marie la dernière fois qu’elle pourra parler à son fils.
Parler n’est pas le mot juste . C’est plus parler en silence.
« Puisque nous allons ensemble, mon fils, sans que nos regards se croisent, puisque c’est le moment du départ et celui des dernières enjambées, à toi à qui j’ai appris à marcher et à pédaler, je parlerai en silence, je calerai le rythme de ma langue sourde, marche de vers iambiques, à la longueur de tes pas . Nous traverserons le temps du paysage ensemble.  » ( Page 28 )
Ce voyage intérieur sera l’occasion pour Marie de revisiter sa vie , que ce soit auprès de ses grands parents, de son mari, de ses enfants.
Tout cela est écrit dans une belle langue poétique qui nous touche dès la première ligne par sa vérité et sa sincérité.
Chacun peut s’identifier à un enfant , un parent. Tout cela peut nous être très proche.
Reste néanmoins un sentiment de trop plein, comme si Marie devait tout revisiter. Et cela au détriment de la relation avec son fils.
Enfin quel poids fait porter ( au propre comme au figuré) Marie à son fils qui est l’élu pour abandonner sa mère.
L’Ubasute tradition japonaise peut elle être transposée telle quelle dans la société occidentale ?
Ces points abordés, le récit d’Isabel Gutierrez demeure très fort et émouvant.
Un beau premier roman.

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Isabel Gutierrez est une écrivaine française. Elle enseigne la littérature et le cinéma à Grenoble.

Gino Bartali un champion cycliste parmi les justes de Julian Voloj et Lorena Canottiere. Marabulle. 💛💛💛💛

Gino Bartali par Voloj

Un champion cycliste parmi les justes, sous- titre de ce roman graphique, nous dit le fond de l’histoire qui est croqué devant nous.
Gino Bartali est un champion cycliste italien qui a remporté trois Tours d’Italie et deux Tours de France.
Sa légende a été magnifiée par le fait qu’il a gagné le Tour de France à 10 ans d’intervalle en 1938 et 1948. Exploit réalisé par seulement deux autres cyclistes professionnelles.
Gino Bartali était connu aussi pour sa foi catholique fortement ancrée en lui. Il était appelé Gino le Pieux.
Voila pourquoi Gino Bartali est connu et reconnu mais entre ces deux victoires dans le Tour de France il y a eu une guerre mondiale et il a refusé d’être un représentant du fascisme et de Mussolini.
A la demande d’un cardinal de l’Eglise catholique il s’est engagé à être un messager clandestin en acheminant des centaines de documents pour sauver des Juifs.
Il prétextait des entrainements pour sa carrière sportive , et les documents cachés dans la selle ou le cadre du vélo, il sillonnait l’Italie afin de sauver des centaines de Juifs.
Il fut à ce titre reconnu comme « Juste parmi les nations » en septembre 2013 et son nom figure au mémorial de Yad Vashem.
C’est cette histoire que nous racontent et dessinent Julian Voloj et Lorena Canottiere.


C’est totalement bouleversant et le dessin , la couleur participe à ce bouleversement. Des pastels de couleurs orange, rouge ou bleu. Des pastels qui donnent une évanescence au récit alors que celui- ci est dur.
Cette évanescence comme une pudeur , une timidité. Celle de Gino Bartali qui ne parla jamais publiquement de ses activités pendant la guerre.
Un roman graphique alliant beauté du trait et de l’âme.

Voloj, Julian - Bibliographie, BD, photo, biographie
Scénariste allemand vivant à New York, Julian Voloj consacre son travail aux différents aspects de l’identité et de la filiation. Il a écrit plusieurs romans graphiques publiés chez Steinkis ou Urban Comics et consacrés à Joe Shuster (co-créateur de Superman), le footballeur Ossi ou encore le peintre Basquiat.
Borgate dal Vivo | Lorena Canottiere
Lorena Canottiere, née en 1972, est une dessinatrice et auteure de bande dessinée italienne. Lorena Canottiere se fait connaître par la publication de ses planches dans des magazines et revues italiennes tels que Internazionale, CorrierinoBlack, Schizzo PresentaFocus JuniorMondo NaifLa Lettura de Corriere della Sera, ANIMALs, Slowfood ou Coconino Press. Elle participe également à de nombreuses expositions1.
Elle travaille ensuite comme illustratrice pour les maisons d’édition italiennes Giunti Editore, EL, Mondadori Editore, Fabbri, Piemme et Rizzoli. De manière plus ponctuelle, la dessinatrice collabore pour la publicité et le théâtre, en plus de concevoir des visuels pour des artistes musicaux2.
En janvier 2018, Lorena Canottiere est récompensée du grand prix Artémisia de la bande dessinée féminine pour Verdad3,4. Paru en avril 2017 aux éditions Ici Même, Verdad est le prénom d’une héroïne de huit ans, installée avec sa grand-mère dans un petit village anarchiste des Pyrénées. Sur fond de guerre d’Espagne, l’auteure raconte l’histoire d’une jeune combattante obstinée et passionnée de justice et de liberté5.
En 2020, son ouvrage Sauf imprévu, est retenu dans la sélection du prix Artémisia 2021

Poussière dans le vent de Leonardo Padura. Métailié. 💛💛💛💛💛

Poussière dans le vent par Padura

Poussière dans le vent est un véritable bonheur de lecture et il faut se laisser prendre par cet ample roman choral qui embrasse la vie d’un groupe d’amis « Le Clan  » sur près de 30 ans entre 1990 et 2016.
Le Clan, c’est huit amis soudés qui vont être affectés par les transformations du monde sur la vie à Cuba
Nous entrerons dans le Clan par le truchement d’une photo de groupe postée sur Facebook par Clara. à l’intention de son fils Marcos. La photo a été prise en 1990 dans les jardins de la maison familiale de Fontanar.
Cette photo est révélatrice de secrets , des souvenirs et plus.
En s’appuyant sur cette photo, Leonardo Paduro va nous entrainer dans un roman à trois niveaux:
1 / La découverte approfondie de chacun des membres du Clan et de leurs secrets
2 / le déroulement d’une intrigue et d’un suspense tenu jusqu’au dernier chapitre
3 / Cuba et son régime politique dans les années 1990 et jusqu’en 2016.
Et pour bien fluidifier ces trois niveaux , Leonardo Padura va faire que son roman ne soit pas chronologique mais qu’au contraire il oscille entre ses trente années de vie de ces personnages.
Il faut un peu de temps au départ pour tout mettre en ordre , entre l’ensemble des personnages et la ligne de temps. Mais une fois que cela est acquis , c’est un grand bonheur de lecture de retrouver Clara , Horacio , Bernardo , Walter , Irving , Joel , Fabio et Liuba.
Poussière dans le vent est un roman de l’amitié, de l’amour , de la fidélité le tout sur fond d’exil, de perte.
La force de ce roman vient aussi de la façon dont est traité Cuba et son régime politique. Rien n’est dit frontalement. Jamais le nom de Fidel Castro n’est prononcé ( Juste une fois le prénom !). On comprend les liens forts avec l’Union Soviétique, on a vent de la chute du mur de Berlin. Une peur certaine des indics espions et délateurs parcourt le roman.
Cette chape enveloppe chaque personnage est dicte en partie leurs actions.
Tout cubain est viscéralement attaché à son île .Mais les pénuries alimentaires, économiques et le besoin de liberté font que chaque cubain devient candidat à l’exil et avec des bouts de ficelle il fait une vie.
Ce roman est aussi celui de la diaspora cubaine à travers les Etats Unis , l’Argentine et l’Espagne .
L’amour, la fidélité à une terre , des paysages, des familles
Mais laisse t -on son pays ?
Poussière dans le vent ?
Leonardo Padura à la double nationalité cubaine et espagnole ».
Quand il est interrogé sur cette double nationalité il répond qu’il a une double citoyenneté : espagnole et cubaine mais qu’il n’a qu’une nationalité et elle est cubaine.
Leornado Padura vit à Cuba.
 » Clara fouilla dans son sac, sortit les clés, ouvrit la porte et entra dans la maison où l’accueillirent la solitude, le silence et ses souvenirs. La coquille de Clara. « 


Leonardo Padura: «J'ai besoin de Cuba pour écrire» - Le Temps

Leonardo PADURA
Cuba
 BIOGRAPHIE
Leonardo PADURA est né à La Havane en 1955 où il vit. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et scénariste pour le cinéma. Traduit dans 15 pays, best-seller en Espagne et en Amérique latine, il fait partie des grands noms de la littérature mondiale.
Pour l’ensemble de son œuvre, il a reçu le prix Raymond Chandler en 2009, le Prix national de littérature cubain en 2012, et le prestigieux prix Princesse des Asturies en 2015.

Le titre du roman est tiré d’une chanson du groupe Kansas :

Poussière dans le vent datant de 1975.

Poussière dans le vent,
Ils ne sont que poussière dans le vent

La même vieille chanson, juste une goutte d’eau en mer infinie
Tout que nous faisons,
s’effondre par terre, bien que nous refusions de voir

Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent

Ne t’accroche pas,
rien ne dure pour toujours, sauf la terre et le ciel
Ca t’échappe
et tout ton argent ne pourra acheter une autre minute

Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent
Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent

Le dernier enfant de Philippe Besson. Julliard. 💛💛💛💛

Le dernier enfant par Besson

Nous sommes un week end de fin d’été. La rentrée universitaire approche.
Anne Marie et Patrick mariés depuis 30 ans voit partir le dernier enfant.
Situation classique d’une famille dont les enfants les uns après les autres quittent le nid.
Il y a d’abord eu Julien , puis Laura et enfin aujourd’hui Théo.
Situation classique et ordinaire pour des répercussions psychologiques et sociales qui ne le sont pas.
Comme à son habitude Philippe Besson dissèquent les situations.
Autour de huit chapitres bien ancrés dans le temps du week end , Philippe Besson nous rapporte le mal être d’Anne Marie.
Rien de sensationnel. Que de la réalité. Réalité que la plupart des parents ont vécu.
Le déchirement du départ du dernier enfant – la peur de la perte – la vie qui roule sur une nouvelle pente.
Philippe Besson a l’art, en quelques mots précis, de faire comprendre le vertige qui peut envahir ces personnages même sile père est un taiseux.
Nous sommes au coeur d’une famille lambda , le père et la mère travaillant au Leclerc du coin, nous sommes au coeur de sentiments et émotions connus.
Rien que du banal , du quotidien.
Mais ce banal, ce quotidien vous imprègne.
le départ d’un enfant – la séparation . Des moments de vie qui s’estompent, des relations fils mères qui vont s’étioler.
Un enfant qui s’en va , un au revoir.
Jusqu’où sommes nous touchés par ce départ. Remet il notre vie en cause ?
Rien que la vie.
Philippe Besson est passé maitre pour nous dire que la vie est sentiments, émotions , mouvements, gestes , non dits et silence.
Impressions délicates.
Le tableau de la vie.

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PHILIPPE BESSON - Alina Gurdiel et Associés
Philippe Besson, né le 29 janvier 1967 à Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente), est un écrivaindramaturge et scénariste français, anciennement directeur des ressources humaines en entreprise. Il a été également critique littéraire et animateur de télévision.
Il se fait connaître en tant qu’écrivain avec le roman En l’absence des hommes en 2001, qui reçoit plusieurs prix. En 2017, il totalise 18 romans, dont plusieurs ont été adaptés pour le cinéma ou le théâtre, et il a participé à l’écriture du scénario de plusieurs téléfilms

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