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Les Huit montagnes de Paolo Cognetti. Stock. 💛💛💛💛

Les Huit Montagnes par Cognetti

Ou comment une couverture de roman vous fait découvrir un écrivain , une atmosphère et la montagne.
Tout a été déclenché par la couverture de la félicité du loup. Cette couverture bleue et blanche avec une tête de loup stylisée fût un coup de coeur et la lecture du roman a confirmé cela au centuple. ( voir chronique ).
Cette rencontre avec l’univers de Paolo Cognetti se devait d’avoir une suite.
En espérant qu’elle fût aussi savoureuse et lumineuse que celle de la félicité du loup.
Je me précipitais donc sur le premier roman de Paolo Cognetti : Les huit montagnes….
et le sortilège fonctionna à nouveau.
Une histoire paraissant simple , dénuée d’artifice et portant en elle l’universalité.
nous sommes dans les années 1980 au nord de l’Italie ente Milan et Val d’Aoste.
Pietro, enfant de la ville a 11 ans. Bruno, enfant de la montagne à le même âge.
Lors d’un séjour des parents de Piero dans la vallée de Grana , celui ci rencontre Bruno. Une amitié adolescente naitra entre montagne, vie pastorale et grand air.
Une amitié mais aussi une filiation entre Pietro et son père. Celui-ci , solitaire mais heureux d’entrainer son fils en refuge à la découverte de la lumière des glaciers et de la beauté des forêts de mélèzes.
La vie éloignera Pietro et Bruno pendant 20 ans. Et puis ces montagnes autour du Mont Rose ,les réuniront à nouveau
L’enfance s’est enfuie tout comme sa légèreté . le monde adulte a rattrapé Pietro et Bruno :La rudesse de la vie paysanne à la montagne , la fidélité à ses espoirs de jeunesse.
Paolo Cognetti , nous raconte cette réalité aussi simple que rude comme peut être une journée d’hiver en montagne.
peut on resté fidèle à ses rêves de jeunesse. Si oui , jusqu’où Pietro et surtout Bruno sont ils prêts à aller. Une amitié de jeunesse peut elle survivre dans le monde adulte ?
Faut il courir les huit montagnes ou seulement un sommet ( le Sumeru ) comme le sous entend un sage népalais ? Une belle réflexion à approfondir dans le récit de Paolo Cognetti : Sans jamais atteindre les sommets.
Une prochaine lecture dans les vallées du Népal et du Dolpo.
Quand une couverture de livre vous accroche….


Paolo Cognetti : « Il y a là-haut la quête d’une relation plus vraie »

Poussière dans le vent de Leonardo Padura. Métailié. 💛💛💛💛💛

Poussière dans le vent par Padura

Poussière dans le vent est un véritable bonheur de lecture et il faut se laisser prendre par cet ample roman choral qui embrasse la vie d’un groupe d’amis « Le Clan  » sur près de 30 ans entre 1990 et 2016.
Le Clan, c’est huit amis soudés qui vont être affectés par les transformations du monde sur la vie à Cuba
Nous entrerons dans le Clan par le truchement d’une photo de groupe postée sur Facebook par Clara. à l’intention de son fils Marcos. La photo a été prise en 1990 dans les jardins de la maison familiale de Fontanar.
Cette photo est révélatrice de secrets , des souvenirs et plus.
En s’appuyant sur cette photo, Leonardo Paduro va nous entrainer dans un roman à trois niveaux:
1 / La découverte approfondie de chacun des membres du Clan et de leurs secrets
2 / le déroulement d’une intrigue et d’un suspense tenu jusqu’au dernier chapitre
3 / Cuba et son régime politique dans les années 1990 et jusqu’en 2016.
Et pour bien fluidifier ces trois niveaux , Leonardo Padura va faire que son roman ne soit pas chronologique mais qu’au contraire il oscille entre ses trente années de vie de ces personnages.
Il faut un peu de temps au départ pour tout mettre en ordre , entre l’ensemble des personnages et la ligne de temps. Mais une fois que cela est acquis , c’est un grand bonheur de lecture de retrouver Clara , Horacio , Bernardo , Walter , Irving , Joel , Fabio et Liuba.
Poussière dans le vent est un roman de l’amitié, de l’amour , de la fidélité le tout sur fond d’exil, de perte.
La force de ce roman vient aussi de la façon dont est traité Cuba et son régime politique. Rien n’est dit frontalement. Jamais le nom de Fidel Castro n’est prononcé ( Juste une fois le prénom !). On comprend les liens forts avec l’Union Soviétique, on a vent de la chute du mur de Berlin. Une peur certaine des indics espions et délateurs parcourt le roman.
Cette chape enveloppe chaque personnage est dicte en partie leurs actions.
Tout cubain est viscéralement attaché à son île .Mais les pénuries alimentaires, économiques et le besoin de liberté font que chaque cubain devient candidat à l’exil et avec des bouts de ficelle il fait une vie.
Ce roman est aussi celui de la diaspora cubaine à travers les Etats Unis , l’Argentine et l’Espagne .
L’amour, la fidélité à une terre , des paysages, des familles
Mais laisse t -on son pays ?
Poussière dans le vent ?
Leonardo Padura à la double nationalité cubaine et espagnole ».
Quand il est interrogé sur cette double nationalité il répond qu’il a une double citoyenneté : espagnole et cubaine mais qu’il n’a qu’une nationalité et elle est cubaine.
Leornado Padura vit à Cuba.
 » Clara fouilla dans son sac, sortit les clés, ouvrit la porte et entra dans la maison où l’accueillirent la solitude, le silence et ses souvenirs. La coquille de Clara. « 


Leonardo Padura: «J'ai besoin de Cuba pour écrire» - Le Temps

Leonardo PADURA
Cuba
 BIOGRAPHIE
Leonardo PADURA est né à La Havane en 1955 où il vit. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et scénariste pour le cinéma. Traduit dans 15 pays, best-seller en Espagne et en Amérique latine, il fait partie des grands noms de la littérature mondiale.
Pour l’ensemble de son œuvre, il a reçu le prix Raymond Chandler en 2009, le Prix national de littérature cubain en 2012, et le prestigieux prix Princesse des Asturies en 2015.

Le titre du roman est tiré d’une chanson du groupe Kansas :

Poussière dans le vent datant de 1975.

Poussière dans le vent,
Ils ne sont que poussière dans le vent

La même vieille chanson, juste une goutte d’eau en mer infinie
Tout que nous faisons,
s’effondre par terre, bien que nous refusions de voir

Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent

Ne t’accroche pas,
rien ne dure pour toujours, sauf la terre et le ciel
Ca t’échappe
et tout ton argent ne pourra acheter une autre minute

Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent
Poussière dans le vent,
Nous ne sommes que poussière dans le vent

La félicité du loup de Paolo Cognetti. Stock. 💛💛💛💛

La félicité du loup par Cognetti

Que dire de l’importance d’une couverture et d’un titre. La félicité du loup ? Difficile de faire plus antinomique.
Une tête de loup couleur ciel détourant deux montagnes.
Le tour est joué.
Et le roman donne raison à la couverture.
Ce roman est un petit bijou de 200 pages.
Son auteur Paolo Cognetti , italien, vit dans le Val d’Aoste , dans une vallée reculée dominé par le massif du Mont Rose.
De cette vallée il est à 2 heures de route de Milan et depuis les sommets de la vallée il peut apercevoir les Appenins Ligure et la Méditerranée.
C’est dans ce décor que se situe le roman La félicité du loup.
Fontana Fredda est un petit village de montagne qui l’hiver devient petite station de ski.
Alors que l’hiver commence Fausto, quarante ans, écrivain en mal d’écriture a trouver un job de cuisinier dans l’unique restaurant du village. dans ce restaurant il y a Silvia , 27 ans , serveuse.
Ils se rapprochent doucement.
Deux êtres sur une crête, dans un entre deux. on sait peu de leur vie antérieure, on le devine et l’on comprend que ce village de montagne peut être un refuge, une réflexion , propice à une découverte.
ils se rapprochent doucement mais ne se promettent rien .
La vie est simple dans ce village et cette vallée entre les pisteurs , les forestiers ,Babette qui tient le resto , Gemma la vieille femme et Santorso qui ne vit que pour la nature, les coqs de bruyère et les tétras-lyres.
C’est la force du livre de Paolo Cognetti : la simplicité, la rusticité au service de l’amour, l’amitié et la nature.
Ce sont des gens de peu , des montagnards , des gens de confiance, de fraternité.
Et tout est rehaussé par la montagne grandiose, la faune et la flore.
Le chant d’amour inclus les hommes , la nature et la félicité du loup.
Lumineux.

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Photos de Paolo Cognetti - Babelio.com
Paolo Cognetti suit des études universitaires en mathématiques, qu’il abandonne très vite pour des études de cinéma, afin dit-il, « d’apprendre à raconter des histoires ». En 1999, il sort diplômé de la Civica Scuola di Cinema « Luchino Visconti », école de cinéma de Milan et fonde, avec Giorgio Carella, une société de production indépendante (CameraCar).
Il débute l’écriture en 2004 en participant à un recueil de nouvelles rassemblant les nouvelles plumes italiennes, un véritable « manifeste générationnel » proposé par les éditions minimumfax sous le titre La qualità dell’aria. Dans les années suivantes, il publie deux recueils de nouvelles Manuale per ragazze di successo (2004) et Una cosa piccola che sta per esplodere (2007), ainsi que le « roman à nouvelles », forme hybride entre le roman et le recueil, intitulé Sofia si veste sempre di nero (2012).
Le 8 novembre 2016 paraît Les Huit Montagnes (Le otto montagne), qui reçoit le prix Strega puis est traduit dans une trentaine de pays1 et dont la traduction française obtient le prix Médicis étranger en 20172.
Désireux de faire vivre la montagne en dehors des pistes de ski, il monte, en été 2017, avec son association Gli urogalli un festival consacré à la littérature, aux arts et aux nouveaux et nouvelles montagnardes baptisés Il richiamo della foresta (L’Appel de la forêt) en hommage à Jack London.