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En attendant la montée des eaux de Maryse Condé. JC Lattès. 💛💛💛💛

En attendant la montée des eaux par Condé

En attendant la montée des eaux est ma première incursion dans l’univers de Maryse Condé.
On peut dire que l’atmosphère de son roman est au diapason du pays central de son livre : Haiti. Violence , Misère , Catastrophes naturelles , envoutement et humanité.
Maryse Condé a écrit un roman foisonnant , touffu , nous emmenant des Antilles , au Mali, au Moyen Orient et en Haiti.
Babakar est un médecin d’origine malienne qui vit en Guadeloupe
Movar est haïtien. Celui ci amène à Babakar une jeune femme ,Reinette ( réfugiée haïtienne ) qui est sur le point d’accoucher. Reinette donne naissance à Anais. Malheureusement Reinette décède à la suite de cet accouchement.
Anaïs et Babakar vont s’attacher l’un à l’autre, au point que Babacar va s’envoler pour Haiti à la recherche de la famille d’Anaïs.
De ce point de départ Maryse Condé va faire un roman envoutant traversé par la vie de trois hommes ( Babakar – Movar – Fouad) et de trois femmes ( Thecla – Alezia – Estrella ).
Peu à peu chacun de ces personnages va nous relater les étapes de sa vie.
Maryse Condé a eu l’excellente idée de ramasser ces étapes dans des chapitres uniques pour chaque personne et de les dénommer récits.
Des récits, des histoires comme peuvent en raconter des griots. Dans ces récits se télescopent la réalité mais aussi la légende , le spirituel, le subtil.
Et le lecteur de voyager entre animisme, vaudou contes et légendes de l’Afrique à Haiti.
Ce roman est aussi et surtout un roman d’humanité. Une humanité déracinée, ballotée entre des régimes politiques , des misères physiques et morales. Comment s’affranchir de sa condition mais aussi de son passé.
En attendant la montée des eaux…. Tout un symbole.

En attendant la montée des eaux

Maryse Condé EAN : 9782709633215
364 pages
J.-C. LATTÈS (25/08/2010)

Maryse Condé, écrire et ne rien céder
Maryse Condé, née Marise Boucolon le 11 février 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), est une journalisteprofesseure de littérature et écrivaine d’expression française, « guadeloupéenne indépendantiste » ainsi qu’elle l’a toujours revendiqué1,2,3.
Elle est l’auteure d’une œuvre conséquente de renommée mondiale. Elle est surtout connue pour Ségou (1984-1985), roman historique en deux tomes qui, à travers le destin de trois frères, retrace la chute du royaume bambara de Ségou et dont la parution intervient dans le contexte de l’« effet Racines »4, le célèbre roman d’Alex Haley adapté pour la télévision quelques années plus tôt.
Elle est également connue pour son roman Moi, Tituba sorcière…, un récit d’esclave dont la version anglaise est accompagnée d’une préface d’Angela Davis5. En Guadeloupe et en Martinique, on l’associe essentiellement aux œuvres Traversée de la mangrove et La Vie sans fards, roman autobiographique6. Elle a d’abord été dramaturge avant d’être reconnue comme romancière. Elle a aussi écrit des romans pour adolescents, notamment dans la revue Je bouquine.
Elle a travaillé comme journaliste culturelle à la British Broadcasting Corporation (BBC) et à Radio France internationale (RFI).
Fondatrice du Centre des études françaises et francophones au sein de l’université Columbia aux États-Unis, elle contribue ainsi à faire connaître la littérature francophone dans ce pays.
Professeure émérite, elle vit à présent à Gordes (Vaucluse), où, avec une assistance médicale et le soutien de son mari, elle reçoit sa famille et des membres de son entourage et continue de se « questionner », d’écrire7.

L’assassin de la Rue Voltaire de Henri Loevenbruck. Editions XO. 💛💛💛💛

L'assassin de la rue Voltaire par Loevenbruck

L’assassin de la rue Voltaire est la troisième aventure et enquête de Gabriel Joly ayant pour cadre la Révolution Française.
Après le loup des Cordeliersle Mystère de la main rouge, voici venu le temps de l’assassin de la rue Voltaire. Bien qu’il existe une continuité entre chaque enquête, celles ci peuvent être lues indépendamment.
Nous sommes donc aux prémices de la Révolution Française.
La première enquête le loup des Cordeliers s’est déroulé autour du 14 Juillet de la prise de la Bastille
La deuxième enquête, le Mystère de la main rouge a couru de Paris en Corse sur la fin du mois de Juillet 1789.
La troisième enquête , l’assassin de la rue Voltaire se situe à Paris , en Août. Pendant la nuit du 4 Août les privilèges ont été abolis et dorénavant , l’assemblée travaille sur la Constitution des Droits de l’homme.
Gabriel Joly , notre héros , est monté à Paris en Mai 1789, espérant devenir un grand journaliste. Employé par son oncle au Journal de Paris , il s’y ennuie et s’intéresse plus aux faits divers. Cet intérêt le mettra sur la trace du Loup des Cordeliers et lui conférera l’amitié de Camille Desmoulins et Danton.


De retour à Paris après avoir résolu les énigmes du Loup des Cordeliers et de la main rouge , Gabriel Joly est au prise avec une nouvelle énigme.
Des meurtres ont lieu dans l’enceinte de la Comédie française , haut lieu de la culture et de la royauté. Gabriel Joly parviendra-t-il à résoudre cette enquête dans les temps impartis , la cour royale ne souhaitant pas que piteux spectacle s’éternise.
Comme à son habitude , Henri Loevenbruck s’appuie sur une documentation historique importante pour intégrer son récit dans la réalité de l’Histoire.
Le découpage en cours chapitres, fait que l’intérêt et la tension ne baissent pas ; bien au contraire.
Dans cette enquête, l’avancée de la Révolution est moins présente mais reste toujours présente en arrière plan.
Tout le premier plan est à l’honneur de la Comédie Française; qu’il s’agisse de ses comédiens ,de son architecture ou de ses loges, balcons, caves et théâtre.
Laissez vous emporter dans les sous pentes du théâtre. Laissez vous surprendre par les costumes, perruques et parfums. Un assassin rôde autour de vous !
L’assassin de la rue Voltaire mérite bien quelques de lecture.
Henri Loevenbruck enquête après enquête conserve le souffle des aventures à la Dumas.
En attendant l’enquête suivante….

Henri Loevenbruck - Babelio
Henri Lœvenbruck, né le 21 mars 1972 à Paris, est un écrivainchanteur et compositeur français.
Auteur de thrillers, de romans d’aventure et de fantasy, il est traduit dans plus de quinze langues. Auteur-compositeur-interprète, il écrit des chansons pour lui-même et pour d’autres artistes français.

Après une jeunesse partagée entre le 11e arrondissement de Paris et l’Angleterre, Henri Lœvenbruck fait une khâgne au lycée Chaptal à Paris, une maîtrise d’anglais à la Sorbonne, puis se lance dans le journalisme1 et la musique. Il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine. Sa trilogie de La Moïra (publiée entre 2001 et 2003) se vend à 300 000 exemplaires toutes éditions confondues et est traduite en douze langues2. Il se lance ensuite dans le thriller avec les éditions Flammarion où il rencontre à nouveau le succès3, notamment avec la série d’Ari Mackenzie, vilain petit canard des Renseignements généraux, dans laquelle il dénonce notamment les dérives de grandes ONG en Afrique4.

Dans les années 1990, Henri Lœvenbruck chantait et jouait de l’orgue Hammond dans divers groupes de rock parisiens. Début 2008, après avoir écrit des chansons pour d’autres artistes (comme Kelks), il décide de remonter sur scène pour présenter une douzaine de chansons « à texte ». En 2009, il participe, en tant que traducteur5 et choriste, à l’album Molly Malone – Balade irlandaise6 de son ami Renaud7. En 2009, il a enregistré un mini LP8, en collaboration avec Vincent-Marie Bouvot. De 2013 à 2015, il rejoint le groupe de rock Freelers9, qui fait de nombreux concerts dans des festivals en France, et au sein duquel il joue du clavier et de l’orgue Hammond.

Il est membre du collectif d’artisteLa Ligue de l’Imaginaire.

En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres10.

Mur Méditerranée de Louis Philippe Dalembert SAbine Weispieser Editeur . 💛💛💛💛💛

Mur Méditerranée par Dalembert

Quand la réalité télescope la lecture d’un roman.
Alors que j’étais dans la lecture de Mur Méditerranée de Louis Philippe Dalembert , une embarcation de migrants sombrée dans la Mer du Nord au large de Calais. Une trentaine de morts.
Mais peut on dire que Mur Méditerranée est un roman ?
C’est une longue psalmodie sur la route des migrants qui tentent d’arriver en Europe via Lampedusa.
Louis Philippe Dalembert s’est emparé d’un naufrage qui a eu lieu au large de Lampedusa en 2014. 700 migrants sur un chalutier. 500 rescapés récupérés par un pétrolier danois et déposés au port de Messine en Sicile.
Mur Méditerranée raconte l’histoire de trois femmes. Trois vies. Trois parcours.
Chochana est nigériane. Elle est de famille juive. Elle est jeune. Elle veut quitter le Nigéria. Pas d’avenir. La présence de Boko Haram. Sa judéité pourrait lui donner envie d’un retour en Israël. Ce sera non. Elle est attirée par l’Europe. Elle partira avec Rachel , direction Sabratha en Lybie.
Semhar est Erythréenne. Chrétienne orthodoxe. Son pays est en proie à la dictature et aux bons vouloirs des militaires. Hommes et femmes sont obligés à un service militaire sans date de fin . Aux bons vouloirs de la dictature. le départ s’impose. Direction Sabratha et la Lybie.
Dima est syrienne. Elle est mariée avec Hakim . Ils ont deux filles. Ils sont issus de la bourgeoisie Syrienne, vivaient à Alep, qu’ils ont du quitter pour rejoindre Damas lors de l’avancée de Daesh et de la guerre civile. Ne trouvant pas d’avenir à Damas ils se résolvent au départ pour retrouver de la famille en Grande Bretagne. Direction Sabratha en Lybie.
Chochana et Semhar se retrouverons à Sabratha dans l’attente d’un départ pour l’Europe
Elles rencontrerons Dima sur le chalutier.
Louis Philippe Dalembert nous livre un roman poignant , au creuset de l’humanité , de la cruauté et de l’indicible..
D’abord la route de l’exil , un long chemin d’humiliation orchestré par les passeurs. Humiliation physique , sexuelle. Violence exacerbée , recherche des dollars salvateurs afin d’avancer vers cette mer Méditerranée.
Et puis l’attente en Lybie jusqu’à un an .Accepter toutes les humiliations afin qu’un jour un passeur vous dise  » C’est bon .Vous partez « 
Embarquement sur un zodiac. Accrochés aux uns aux autres. S’accrocher à un bras , une fesse, ne pas tomber.
Et puis la cale du chalutier . les uns sur les autres . l’obscurité, le mal de mer , les vagues qui tapent.
Dans la cale , l’humanité souffrante. Sur le pont ceux qui ont payé plus cher ou qui socialement se situe mieux.
Et que pensez vous qu’il advienne ? L’homme reste un homme. Pourquoi la cale et pas le pont ? pourquoi accepter que ceux qui sont dans la cale puissent voir la lumière et respirer un air un peu pur ?
L’humanité est glaçante.
Nous en prenons notre part .Mur Méditerranée. Comment dressé ce mur devant ces migrants dont les souffrances acceptées sont pourtant moins importantes que le besoin de quitter un pays .
Louis Philippe Dalembert a le don d’ausculter notre humanité et nos peurs et faiblesses.
Que ce soit dans Milwaukee Blues ou Mur Méditerranée , il met notre regard et notre coeur au sein de cette humanité
Cela n’est pas s’en rappeler le magnifique roman de Laurent Gaudé : Eldorado
Toujours les migrants , Lampedusa et la prise de conscience du capitaine d’un bateau qui transporte les migrants
Des livres brûlants mais diablement nécessaires

Fils d’une institutrice et d’un directeur d’école, Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince le 8 décembre 1962. Le décès de son père, quelques mois après sa naissance, a des conséquences dramatiques sur la situation matérielle de la famille. Les premières années de son enfance, il grandit ainsi au Bel-Air, un quartier populaire de la capitale, dans un univers entouré de femmes : les cousines de sa mère, qui s’absente la semaine pour enseigner en province, sa sœur aînée, ses grand-tantes et sa grand-mère maternelle. Cette dernière mène son petit monde à la baguette, dans un Port-au-Prince que dirige d’une poigne de fer François Duvalier. À l’âge de six ans, il connaît la première grande séparation de sa vie : la famille laisse le quartier pour s’installer ailleurs. Il en tirera plus tard un roman intitulé Le crayon du bon Dieu n’a pas de gomme, trace d’une enfance très religieuse placée sous le signe du sabbat.
De formation littéraire et journalistique, Dalembert travaille comme journaliste d’abord dans son pays natal avant de partir en 1986 en France poursuivre des études qu’il achève à l’université Paris 3 – Sorbonne-Nouvelle par un doctorat en littérature comparée sur l’écrivain cubain Alejo Carpentier, et un diplôme de journalisme à l’École supérieure de journalisme de Paris.
Louis-Philippe Dalembert a enseigné dans plusieurs universités aux États-Unis et en Europe : Université Wisconsin-Milwaukee, Scripps College (USA), Freie Universität (Berlin, Allemagne), Bern Universität (Suisse) et Sciences Po Paris, en tant que titulaire de la Chaire d’écrivain en résidence (2021).
Depuis son premier départ d’Haïti, ce polyglotte a vécu tour à tour à NancyParisRomeJérusalemBerlinMilwaukee, etc. Les traces de ce vagabondage sont visibles dans son œuvre qui met souvent en dialogue deux, voire plusieurs lieux, et parfois aussi deux temps. Dalembert vit aujourd’hui entre Paris, Port-au-Prince, l’Italie et ailleurs.

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Tout peut s’oublier d’Olivier Adam. Flammarion. 💛💛💛

Tout peut s'oublier par Adam

A première vue, on peut trouver qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil de la littérature d’Olivier Adam.
Nous retrouvons des lieux habituels : La Bretagne , plus particulièrement Saint Malo et la Rance; un petit passage à Paris et puis le Japon ( Kyoto ) où Olivier Adam a passé quatre mois en residence.
Nous retrouvons aussi le double littéraire d’Olivier Adam. Souvent Paul, cette fois ci Nathan. Comme toujours un personnage mélancolique, légèrement associal. Et comme toujours aussi un personnage pour lequel la vie en couple est d’une complexité sans fin.
Nous sommes donc en territoire connu.
Et pourtant la petite ritournelle prends toujours. Cette fois-ci la petite musique nous parle de séparation. Séparation entre un père et un fils, séparations entre une mère et un fils, séparation entre frères et soeurs.
Et le titre du roman : tout peut s’oublier.
Deux des séparations sont traitées de façon secondaire. Celle de Lise et de son fils Gabriel, et celle d’ Alizé vis à vis de ces frères.
La séparation principale est celle de Nathan et de son fils Leo.
Nathan a vécu avec Jun, jeune femme japonaise qu’il a rencontré au pays du Soleil Levant. Elle est venue s’installer en France avec Nathan. Ils ont eu un enfant Leo. Au bout de huit ans de vie commune séparation et garde partagée de Leo jusqu’au jour où Jun retourne avec Leo au Japon.
Nathan, totalement démuni, souhaite pouvoir revoir son fils alors que les arcanes de la justice japonaise sont contre lui.
Dans son style habituel, fait de lien au cinéma , à la chanson française mais aussi de critiques acerbes, Olivier Adam nous entraîne dans la douleur des séparations. Jusqu’à quel point devons nous vivre avec ces séparations .
Il reprends les paroles de Jacques Brel dans Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà,
Comment peut on oublier un fils, un frère ?

Peut on se passer d’un amour inconditionnel. Est ce seulement envisageable ?
C’est un vertige.
Olivier Adam nous laisse face à nous même. Face à nos oublis et nos séparations.

Dans tous les romans d’olivier Adam il existe un rapport à la chanson française et à certains auteurs.

Voici un extrait de la bande son de Tout Peut s’oublier.

Ne me Quitte pas. Jacques Brel.

Cà c’est fait de Jean Louis Murat.

Ouvertue d’Etienne Daho

Au revoir mon amour de Dominique A