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Sans jamais atteindre les sommets de Paolo Cognetti. Stock la cosmopolite. 💛💛💛💛💛

Sans jamais atteindre le sommet par Cognetti

Autant prévenir d’emblée . Cette chronique ne sera pas obligatoirement très objective car elle me renvoie a un vécu lors de différents treks au Népal.
Pour reprendre les choses dans l’ordre.
J’ai découvert Paolo Cognetti par la lecture de la félicité du loup. Cette lecture m’a amené vers Les huit montagnes.
Dans ces deux romans Paolo Cognetti faisait toujours référence au Népal à travers un porteur travaillant dans un refuge du Mont Rose , ou encore de son personnage Pietro parti travailler au Népal.
La douce petite musique du Népal se faisait entendre. Rester à s’embarquer pour Sans jamais atteindre les sommets.
Sans jamais atteindre les sommets est le récit de voyage de Paolo Cognetti au Dolpo dans l’Ouest du Népal.
Région isolée aux confins du Tibet. Paolo Cognetti y a passé un mois, parcouru plus de 300klms et franchis plusieurs cols à plus de 5 000 m sans atteindre aucun sommet.
Il faisait parti d’une caravane de marcheurs et de porteurs en autonomie totale.
Le livre relate cette expérience. Un livre de marche , de montagne. Comme il en existe un certain nombre.
Mais la marque Cognetti, c’est quelque chose ! Comme une poésie , une légèreté et un regard empathique sur les gens. Une montagne humaine.
Et Paolo Cognetti reprend les mots de Peter Matthiessen dans le léopard des neiges :
« Le secret des montagnes est qu’elles existent, simplement, comme je le fais moi même: les montagnes existent simplement ce que je ne fais pas. Les montagnes n’ont pas de signification, elles signifient: elles sont. Je résonne de vie, les montagnes résonnent et quand je puis l’entendre, nous partageons cette résonnance « 
J’ai retrouvé dans ce récit l’âme tibétaine , l’impermanence des choses , le profond sourire des népalais et tibétains.
Je me suis revu sur les chemins des Annapurna et du Haut Langtang . j’ai revu ces pierres de mani , les chortens , j’ai réentendu les Om mani padme hum.
Paolo Cognetti a vu l’arbre où finit le Dolpo et où petit à petit on revient dans un monde.
En quittant les Annapurna ou le Haut Langtang je n’ai pas vu d’arbre magique mais j’ai ressenti au profond de moi l’arrachement à ces terres montagneuses, spirituelles, terriblement humaines.
Le Népal reste ancré pour toujours.
Je vous l’avais dit, je ne serais pas obligatoirement objectif….

Paolo Cognetti, disciple de la montagne
Paolo Cognetti suit des études universitaires en mathématiques, qu’il abandonne très vite pour des études de cinéma, afin dit-il, « d’apprendre à raconter des histoires ». En 1999, il sort diplômé de la Civica Scuola di Cinema « Luchino Visconti », école de cinéma de Milan et fonde, avec Giorgio Carella, une société de production indépendante (CameraCar).
Il débute l’écriture en 2004 en participant à un recueil de nouvelles rassemblant les nouvelles plumes italiennes, un véritable « manifeste générationnel » proposé par les éditions minimumfax sous le titre La qualità dell’aria. Dans les années suivantes, il publie deux recueils de nouvelles Manuale per ragazze di successo (2004) et Una cosa piccola che sta per esplodere (2007), ainsi que le « roman à nouvelles », forme hybride entre le roman et le recueil, intitulé Sofia si veste sempre di nero (2012).
Le 8 novembre 2016 paraît Les Huit Montagnes (Le otto montagne), qui reçoit le prix Strega puis est traduit dans une trentaine de pays1 et dont la traduction française obtient le prix Médicis étranger en 20172.
Désireux de faire vivre la montagne en dehors des pistes de ski, il monte, en été 2017, avec son association Gli urogalli un festival consacré à la littérature, aux arts et aux nouveaux et nouvelles montagnardes baptisés Il richiamo della foresta (L’Appel de la forêt) en hommage à Jack London.
ancien bon stupa à dolpo, népal 910595 Banque de photos
Le Dolpo

A perte de vue la mer gelée de François Garde. Paulsen. 💛💛💛

A perte de vue la mer gelée par Garde

Pythéas ?
C’est toujours un nom qui dit quelque chose mais cela reste souvent un peu brumeux.
Pythéas un lien avec l’antiquité ? un lien avec le voyage ? un lien peut être avec Marseille ou Massalia.
Peut être tout cela à la fois.
Il faut dire qu’il nous aide pas trop Pythéas ! il a fait des choses extraordinaires mais tous ces écrits et récits ont disparu.
Donc résumons , Pythéas est un phocéen venu s’installer à Massalia vers 330 avant JC. Il fut commerçant , navigateur, édile de Massalia. Il rencontra Alexandre le Grand à Babylone .
Avec ses bateaux il fit du commerce dans la Méditerranée mais surtout dans l’Atlantique Nord vers l’Ile Verte , l’Autre Bretagne et l’énigmatique Thulé. Il découvrit les marées , les aurores boréales et les Mers gelées.
La plupart des élites de l’Antiquité le traitèrent d’affabulateur. Ses écrits ayant disparus il tomba dans l’oubli.
Fermez le ban.
C’est sans compter sur François Garde qui nous propose une biographie imaginaire magnifique.
A travers cette biographie, il interroge le parcours de Pytheas et la notion d’explorateur de terres inconnues.
c’est toujours palpitant , curieux et écrit élégamment.
Jusqu’ou s’agit il d’une biographie imaginaire ? Les personnages qui entourent Pythéas sont imaginaires mais ce qu’à vécu Pythéas est réel. Comment croire qu’il fut un affabulateur.
Tout donne à penser que Pytheas fut le 1er explorateur des terres inconnues de l’Atlantique Nord.
Malheureusement il a mal choisi sa ville.
Marseille ou Massalia , une ville tournée vers le Sud et non vers le Nord .
Un agréable dépaysement , à perte de vue.

Rencontre avec François GARDE à TOULON - Leslibraires.fr
François Garde est diplômé, en 1984, de l’ENA (promotion Louise-Michel). De 1991 à 1993, il est secrétaire général adjoint de la Nouvelle-Calédonie1. Du 25 mai 2000 au 19 décembre 2004, François Garde est administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises à La Réunion2,3. De 2008 à 2009, il est directeur de la station de Val d’Isère4. De août 2009 à août 2010, il occupe le poste de secrétaire général de la Nouvelle-Calédonie4.

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Image dans Infobox.
Pythéas le Massaliote (en grec ancien, Πυθέας ὁ Μασσαλιώτης) est un astronome grec, considéré comme l’un des plus anciens explorateurs scientifiques ayant laissé une trace dans l’Histoire.
Pythéas a effectué un voyage dans les mers du nord de l’Europe vers 325 av. J.-C., mais son récit, connu dans l’Antiquité, n’a pas survécu. Il n’est maintenant partiellement révélé que par les écrits de quelques auteurs parmi lesquels principalement Strabon, et Pline l’Ancien. Il est le plus ancien des auteurs de l’Antiquité que nous connaissions à avoir décrit, notamment, les phénomènes polaires, les marées ainsi que le mode de vie des populations du nord de l’Europe.
Pythéas a évoqué l’île de Thulé et sa description des marées est le texte le plus ancien qui suggère la lune comme leur cause.

Meurtres aux Kerguelen d’Olivier Moutin et Sophie Laurent. L’Harmattan . 💛

Meurtres aux Kerguelen par Montin

Meurtres aux Kerguelen. Voilà un titre et un lieu chargé  de mystère et d’aventures.
Étant passionné de philatélie polaire, je connais ces lieux et me dire qu’une intrigue policière allait être menée au coeur des Terres Australes et Antarticques Francaises ne pouvait pas me déplaire.
Le roman est écrit à deux mains. Une main féminine, Sophie Laurent qui a vécu sur l’île Maurice et qui a travaillé  pour la Curieuse, l’un des bateaux ravitailleurs de ces îles du bout du monde.
Une main masculine, Olivier Montin, qui a travaillé pendant cinq ans dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises ( TAAF ) et qui de ce fait à effectué de nombreux voyages sur le Marion Dufresne,  navire ravitailleur et scientifique.
Rien ne manque dans ce  » documentaire policier « .
Vous saurez tous  sur les TAAF,  les rotations de la Curieuse et du Marion Dufresne.
Vous ferez le tour des îles Amsterdam,  Crozet et Kerguelen. Vous apprendrez à reconnaître les acronymes qui désignent les îles KER-CRO-AMS. Vous saurez qu’un responsable de district  se nomme DisKer ou DisCro ou encore DisAms.
Vous vivrez aussi au contact des personnels de ces bases perdues dans l’océan Indien. Vous apprendrez un peu sur les recherches scientifiques dans l’ionosphere ou dans la Biomasse,
Vous serez confrontés aux vents permanents et à  la rudesse des lieux et du climats.
Vous découvrirez manchots, éléphants de mer, petrels, skuas, albatros et autres chionis.
Un vrai documentaire.
Concernant l’intrigue policière,  elle met longtemps à se mettre en place.
Des les premières pages nous savons qu’il y a mort et meurtre.
Par contre il faudra attendre une bonne centaine de pages sur deux cent cinquante avant que l’enquête policière se déploie un peu. de la faute du documentaire.
Il ne faut donc pas attendre un vrai polar avec ce livre.
En résumé un documentaire sur les TAAF agrémenté d’un zeste de polar.
Si ce n’était que cela, cela serait déjà bien ….
Mais malheureusement ce n’est pas le cas car la forme et le style du livre sont désespérantes
Comment un éditeur peut il accepté d’éditer un livre dans ces conditions de relecture. A croire que nous avons entre les mains une épreuve non corrigée
Comment peut on laisser passé autant de fautes d’orthographe,  autant de phrases lourdes sans parler des mots manquants.
Comment ne peut on vérifier la chronologie des jours alors que celle ci représente les titres de chapitres.
Donc nous passons du Mercredi 4 Novembre au Vendredi 4 Novembre puis du Dimanche 13 Novembre au Samedi 14 Novembre  !
Autre point : le Marion Dufresne est indiqué à quai au Port à la Réunion.  Quelques chapitres plus loin représentant une dizaine de jours, on le retrouve à quai au Cap en Afrique du Sud rentrant d’une opération scientifique d’une dizaine de jours aux Îles Bouvet.
Soit il est à La Réunion, soit il est au Cap  mais pas aux deux endroits.  C’est impossible.
J’arrête là tous ces exemples qui ont rendu la lecture de ce livre extrêmement pénible.
Tellement pénible que le fond du livre est relégué bien loin ….
Livre reçu dans le cadre de la Masse Critique Polar et Mauvais genres.
Merci à Babelio et aux Éditions L’Harmattan … en attendant mieux la prochaine fois

La voie cruelle d’Ella Maillart. Payot 💛💛💛💛

La Voie cruelle par Maillart

Le récit de voyage entre Europe et Asie ( Afghanistan – Inde ) est marqué par le livre de Nicolas Bouvier L’usage du monde qui raconte ce périple dans les années 1950.
Pourtant d’autres compatriotes suisses ont réalisé ce voyage en 1939 entre Suisse et Afghanistan à bord d’une Ford moteur V8 de 18 chevaux.
Il s’agit d’Ella Maillart et d’Annemarie Schwarzenbach.
Ella Maillart est une ancienne athlète de haut niveau reconvertit dans le cinéma et le récit de voyage.
Annemarie Schwarzenbach deszcend d’une riche famille industrielle et s’est vite dressée contre les conformismes de son milieu. Personnage androgyne et morphinomane, elle est l,opposée d’Ella Maillart.
L’une est calme, posée; l’autre est fragile et maladive.
Ce récit de voyage est écrit par Ella MaillartAnnemarie Schwarzenbach prendra le nom de Christina.
Ce récit de voyage est double. Il nous raconte l’avancée de ces deux jeunes filles vers l’Asie, mais aussi la souffrance de Christina vis à vis de la drogue. En cela le titre du livre ne laisse aucune ambiguïté . Ce périple est une voie cruelle durant laquelle Christina peut être rattrapé par ces démons.
La part belle du livre reste néanmoins le voyage.
Et quel voyage. Il faut se rappeler que l’on est en 1939 ,que le nazisme a pignon sur rue et que la guerre frappe à la porte de l’Europe.
Cette traversée des pays du Moyen Orient et des anciennes Républiques soviétiques nous rappelle qu’hormis des changements de frontières et de régime , cette région reste d’une instabilité effrayante.
Alors que dire de ce périple féminin dans un monde masculin où la place de la femme n,est sûrement pas au volant d’une Ford V8.
Ce mélange de périple et de fuite en avant de Christina nimbe ce récit de voyage du mystère humain et de ces silences.
Un joli pendant au livre L’usage du monde de Nicolas Bouvier.

Ella Maillart est née à Genève en 1903. Après une brillante carrière de sportive et de cinéaste, elle entreprend une série de voyages au Turkestan, en Chine,  etc.. En 1986 elle traversait encore le Tibet. Elle est décedée en 1997.

 

 

La nuit de feu d’Eric Emmanuel Schmitt. Albin Michel 💛💛💛

La Nuit de Feu par Schmitt

La nuit de feu est le livre de la révélation pour Eric -Emmanuel Schmitt. Il a mis 30 ans avant de l’écrire et de mettre des mots sur cette nuit dans le désert algérien.
A 28 ans Eric-Emmanuel Schmitt part faire un trek dans le Sud algérien et plus particulièrement à Tamanrasset et vers l’ermitage de Charles de Foucauld.
Durant cette randonnée il était prévu de gravir le mont Tahat , plus haut sommet du Hoggar.
Arrivé au sommet Eric-Emmanuel Schmitt décide de redescendre seul ce sommet et se perd.
Nuit seule dans ce désert du Hoggar et révélation de la nuit de feu.
Eric-Emmanuel Schmitt est confronté à l’infini , l’indicible , à la force.
De sa vie il y aura un avant et un après.
C’est cette césure , ce changement radical que nous raconte l’auteur.
Une nuit mystique , pas religieuse qui a transformé sa vie d’homme , de philosophe et d’écrivain.
Tout cela est écrit avec délicatesse , simplicité et profondeur d’âme.
Un joli et agréable moment de lecture et de réflexion

Le Goût du large de Nicolas Delesalle. Livre de poche 💛💛💛💛

Le goût du large par Delesalle

Dans de nombreuses critiques faites sur Babelio pour le goût du large de Nicolas Delesalle, revient la notion de récit de voyage. Je ne trouve pas que le livre soit un récit de voyage.
Sylvain Tesson quand il se pose en Sibérie , quand il revient de Moscou en moto ou encore quand il traverse les chemins noirs de la France nous fait un récit de voyage.
Nicolas Delesalle lui nous donne des fragments , des souvenirs de sa vie journalistique , des instants de ces reportages.
Si il y a un récit de voyage c’est un récit interne.
Et quoi de mieux qu’un porte container pour nous parler de lui.
Le porte container symbole de notre armoire à souvenir et émotion.
Tous ces containers colorés anonymes, juste marqués par une référence chiffrée qui vont d’un océan à l’autre avant d’être débarqués.
Ce long porte container , ces différents ponts , son équipage Multi-ethnique voguant au gré des océans. Un environnement spartiate , pas très stable.
C’est sur l’un de ces porte containers , le MSC Cordoba que Nicolas Delesalle va embarquer à Anvers pour atteindre Istanbul 9 jours plus tard.
Pendant 9 jours il va découvrir le goût du large. Mais pas le goût du largevécu lors d’une croisière avec cocktails , soirées dansantes et excursions dans des lieux paradisiaques.
Non il va découvrir le goût du large quotidien d’une dizaine de marins ayant laissés familles et proches pour travailler sur un porte container dont ils ne connaissent pas le chargement, mais dont ce chargement représente le monde économique actuel.
Le goût du large lors d’une croisière vous éloigne du monde ,dans une bulle de frivolité et de luxe surfait.
Le goût du large dans un porte container vous raccroche au monde.
Alors que l’on pourrait croire que ce voyage dans les flancs de ce bateau de fer et de rouille soit un enfermement , un moment hors du monde , et bien c’est tout le contraire.
Nicolas Delesalle est présent au monde et la pérégrination du MSC Cordoba est pour lui le moyen d’ouvrir ses containers d’émotion et de souvenirs.
Et l’ouverture de ces containers nous offre une écriture simple , émue , humoristique . Une écriture qui nous fait humer les embruns de l’Océan ,mais aussi les effluves de l’Afrique , de l’Asie ou encore l’humidité prégnante d’un coin du Causse Noir vers Millau.
Cette écriture nous fait entendre les cris , les détresses, les espoirs de ces pays , de ces peuples bordant la Méditerranée.
Comment ne pas être profondément touché par ce passage du porte container entre Tunisie et Sicile , « surfant sur une mer de cadavres  » alors qu’aujourd’hui l’Aquarius a toute les peines du monde pour trouver un port accueillant aux migrants.
Par tous les souvenirs de ces reportages , Nicolas Delesalle nous instille la réalité de notre monde contemporain.
Ce monde que nous ne souhaitons pas toujours voir . Un container anonyme , coloré, mais bien fermé dont nous voulons ignorer le contenu.
Le goût du large est un beau roman de vie.

Marcher à Kerguelen. François Garde.Gallimard 💛💛💛💛

Marcher à Kerguelen par Garde

 

François Garde a été administrateur de l’une des Terres Australes et Antarctique sFrançaises (TAAF) durant les années 2000. il avait l’administration des Iles Kerguelen dans l’Océan Indien à 2 000 km du Continent Antarctique. Durant son mandat il vint une dizaine de fois sur les Iles Kerguelen. Il lui restera une nostalgie pour ces Iles du Bout du Monde.
Scan_20170127_100613 C’est tout naturellement qu’il reviendra sur Kerguelen pour un trek de 24 jours.
Pour cela il sera accompagné de Mika alpiniste et photographe , de Bertrand ancien officier de marine et photographe et de Fred alpiniste et patron de l’unité de haute montagne de Chamonix.
A quatre avec 25 kgs chacun sur le dos ils vont traverser Kerguelen du Nord à l’Ouest et au sud.
Mika et Bertrand vont relater cette marche à travers leur site photos.
Pour Mika sur Latitudes Nord et sur Flickr
Pour Bertrand sur son blog http://www.linstantinne.com/
François Garde lui va tenir un journal de cette longue marche jour après jour.
Marcher à Kerguelen nous relate ce journal
C’est un journal simple , plein d’humilité mais ô combien représentatif de cette marche et de l’état d’esprit de ces quatre marcheurs.
Il faut dire qu’il y a besoin d’une grande humilité devant Kerguelen.
Île battue continuellement par le vent et non les vents.
Île aux mille lacs , rivières et cascades
Iles aux souilles , aux falaises de basalte
Iles de la pluie et de la neige.

 


Et François Garde de nous raconter cette marche en reprenant régulièrement cette litanie : vent – neige -pluie- humidité-col-falaise – souille….
Cela aurait pu être répétitif. Sachant que toute les pages François Gardenous abreuve des noms des lieux qu’il traverse. Par-ici la Baie de L’oiseau, ou le lac de Rochegude. un peu plus loin le couloir Mangin ou le Val du Retour. Et puis encore des noms sortis de nulle part :le fjord des Portes Noires, la baie de Chimay, la vallée de la Mouche, la cabane Mortadelle, ou encore la péninsule Raillier du Baty sans oublier le Grand Rempart , le Petit et le Grand Ross.
Et bien au contraire cette énumération de vaux, de cabanes , de lacs , de montagnes, de fjords nous emmène dans la marche et dans l’intérieur de Kerguelen.
Bien que les hommes aient eu besoin de nommer pour se reconnaître , pour prendre la propriété des Iles Kerguelen , celles -ci restent un territoire inhabité , à découvrir et hostile à la vie humaine.
Cette longue marche confronte ces quatre hommes à cette réalité.
La vie humaine ne s’installe pas sur Kerguelen hormis la base scientifique de Port aux Français.
A l’inverse la vie naturelle explose : l’eau , le ciel, les nuages , les éléphants de mer, les manchots royaux, les pingouins gorfou, mais aussi les pétrels ,les skuas, les goélands .
Des tentatives d’implantation des hommes il reste des rennes , des chats de rats. Ceux ci conquièrent l’intérieur des terres de Kerguelen alors que la faune originelle reste sur les plages et au abords de l’Océan car c’est là qu’il y a la vie.

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Et puis il y a ces paysages que nous imaginons : Ces falaises de basaltes ruisselantes d’eau dans lequel le vent vient s’engouffrer. Ces longues vallées souilleuses et spongieuses , le vert tentant d’éliminer le gris. Ce ciel bas avec dans la brume les langues glacières.
Dans son journal François Garde nous raconte tout cela , mais il nous raconte bien plus .
Il nous raconte la marche. Il nous raconte le vent , le vent de l’Esprit. Il nous raconte nos rêves.
Extrait page 233 : « Les trésors de Kerguelen ne sont ni monétisables ni exploitables. cette île n’a jamais enrichi personne. Tout ce que la nature donne à profusion reste sur place. Un seul produit d’exportation : le rêve -le rêve décliné n souvenirs, en désirs, en timbres, en nostalgies, en images, en contemplations. de ce fret là, je me revendique négociant. »
C’est un beau livre sur la recherche de nos rêves mais aussi sur la recherche de soi.
A la fin de la lecture , se confronter au photos de Mika ou de Bertrand donne une autre couleur à ce journal. Les couleurs sombres qui dominent durant la lecture prennent un éclat extraordinaire.
Ventus est vita mea
C’est inscrit sur la Chapelle Notre Dame du Vent à Port aux Français.
Le Vent est ma vie.
« il faut le silence des vents au dehors pour être attentif et présent au Vent de l’Esprit « François Garde.

A contre-courant d’Antoine Choplin. Paulsen 💛💛💛

À contre-courant par Choplin

Je ne connaissais pas Antoine Choplin. Il a fallu une Masse Critique de Babelio pour que je découvre ce livre dans la liste proposée. Vivant en Isère je ne pouvais qu’être intéressée et intrigué par l’idée de remonter l’Isère depuis sa confluence avec le Rhône jusqu’à sa source dans les glaciers de la Vanoise.
N’ayant pas reçu ce livre dans le cadre de la Masse Critique , je me le procurais et entamé la lecture de ce livre original.
Livre original dans sa forme avec cette remontée de l’Isère faite aux quatre saisons d’une année en suivant au plus prés possible les chemins de halage.
Antoine Choplin vit en Isére dans le Grésivaudan et cette marche déambulation est un retour aux sources.
Nous ne sommes pas dans un livre sur la randonnée et l’introspection. Il s’agit plus de bulles de 3 à 4 jours de marche sur un terrain connu d’Antoine Choplin. C’est une autre façon de voir de découvrir la région dans laquelle on vit , on travaille.
Chaque bulle de 3 jours correspond à une saison et à un tronçon de l’Isère à contre courant.
Et dans chacune de ses bulles Antoine Choplin se découvre et nous interroge sur l’écriture mais aussi sur l’industrialisation ou encore le tourisme.
Et pendant toutes les pages de cette déambulation , nous sommes heureux de marcher aux cotés d’Antoine Choplin et de ces compagnons de voyage ou de soirées.
Il nous donne à vivre une partie de son intimité . Quel plaisir de l’entendre parler du festival des Arpenteurs et des scènes obliques. Festival qui a lieu en Juillet aux Adrets dans le Massif de Belledonne en Isére.
Un festival qui veut parler de littérature de musique dans des lieux de montagne , éloignés tout en profitant de randonnées et de paysages magnifiques
Ce livre est un joli moment dans le temps et hors du temps.
Il m’a donné envie de repartir sur les chemins de halages de l’Isère vers La Sône et Saint Marcellin.
Mais il m’a aussi donné envie de repartir en montagne en compagnie d’un livre.
Un beau moment de lecture.

Lettre au dernier grand pingouin. Jean Luc Porquet . Editions Escales 💛💛💛💛

Lettre au Dernier Grand Pingouin par Porquet

Je viens de passer quelques heures avec un Grand Pingouin.
Vous ne connaissez peut être pas le Grand Pingouin ( je ne le connaissez pas avant moi-même)
Il s’agit d’un alcidé de 80cm de haut avec un très grand bec un manteau de plumes noires et blanches , des pattes palmées à 3 doigts et 2 moignons d’ailes.
Si vous souhaitez le rencontrer il faudra aller dans les musées d’histoire naturelle à Nantes le havre Abbeville ou encore dans les réserves des musées de Lille ou Saint Omer.
Le grand pingouin a disparu de la surface de la Terre en 1844.
c’est de ce constat qu’est parti Jean Luc Porquet pour écrire Lettre au dernier grand pingouin.
Cette lettre est un plaidoyer pour l’écologie , la nature et les animaux.
c’est aussi une réfléxion sur la place de l’homme , sur sa responsabilité dans le monde qu’il fabrique.
c’est une réfléxion érudite et vulgarisatrice sur notre écologie , sur notre économie sur notre pouvoir.
les cycles naturels de la terre ont fait qu’il y a eu cinq extinctions.
Nous sommes entrain de vivre la sixième. La différence par rapport au cinq autres c’est que celle -ci n’est pas entièrement naturelle.
c’est l’Homme lui-même qui est le chef d’orchestre.
Et Jean Luc Porquet de développer les thèmes de la croissance verte , de la décroissance.
De réfléchir sur l’intérêt de protéger le monde animal avant de protéger l’homme . Est ce normal ?
De réfléchir à un monde où l’on ne mangerait plus d’animaux ni les produits dérivés. Est ce bien le véganisme ?
Et puis il y a des moments de poésie autour des lucioles , des papillons , des petits déjeuners dans la maisonnette.
Je serais juste partagé sur la fin du livre où il termine en retournant au grand silence.
Est il trop tard pour agir ?
Cette élégie funèbre et désabusée est semble -t -il sans espoir.
je ne le pense pas . Toutes les actions entreprises ,même infimes sont un maillon sur le chemin de la terre.
Je terminerais par une anecdote personnelle.
Il y a quelque temps j’ai visité le Musée d’Histoire Naturelle de Paris et sa galerie de l’Evolution et la salle des espèces disparues
J’étais avec ma petite fille de 5 ans
Elle est restée sidérée devant le Dodo et elle a pleuré.
Elle disait : pourquoi il a disparu ? pourquoi il ne peut plus vivre ?
Dans ces pleurs il y avait une réelle émotion et une réelle incompréhension.
Ce livre de Jean Luc Porquet nous ouvre à ces émotions et ces interrogations.

L’usage du monde de Nicolas Bouvier.Editions Droz 💛💛💛💛💛

L'usage du monde par BouvierQuand il est demandé à des explorateurs,des aventuriers ou des écrivains voyageurs quel est leur livre de voyage, la majorité répond L’usage du Monde de Nicolas Bouvier.
Donc étant fan de voyages et de lecture de voyage je me lance dans la lecture de L’usage du Monde dans la réédition du Livre chez Droz.
Et effectivement ce livre est magique,entêtant.

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Nicolas Bouvier 24 ans, avec Thierry Vernet du même âge partent avec leur Fiat Topolino en 1953 pour un grand périple entre la Yougoslavie et l’Afghanistan. Leur périple durera 18 mois avec des arrêts prolongés à Istanbul ,Tabriz ,Quetta et Kaboul. Pour voyager ils vivront des dessins et aquarelles de Thierry Vernet et des cours de Français et articles de journaux de Nicolas Bouvier.
Ce qui est remarquable c’est la fluidité de l’écriture de Nicolas Bouvier. En peu de mots mais avec des mots justes et soupeses il nous décrit un personnage, un lieu. Nous sommes avec eux, au milieu de leur voyage . de même pour les dessins de Thierry Vernet qui parsèment le livre. A première vue ces dessins noir et blanc paraissent simples et grossiers alors qu’ils sont simplement justes.
Ce voyage dans ce Moyen Orient des années 1950 nous paraît pas si loin de la problématique actuelle de cette region.
Dans tout le livre on ressent l’empathie de Nicolas Bouvier pour les lieux traversés et leur population et plus particulièrement pour l’Afghanistan et les peuples tziganes et rom
Un grand moment de voyage nomade